Un soir, le Ier juin, à Jersey, dans la petite baie déserte de Bonnenuit, une heure environ avant le coucher du soleil, par un de ces temps brumeux qui sont commodes pour s’enfuir parce qu’ils sont dangereux pour naviguer, une corvette mettait à la voile.
Dans ta pensée où tout est beau, Que rien ne tombe ou ne recule. Fais de ton amour ton flambeau. On s’éclaire de ce qui brûle.
Garde ton amour éternel. L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ? Dieu ne retire rien du ciel ; Ne retire rien de ton âme !.
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !.
S’il en demeure dix, je serai le dixième ; Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !.
Depuis six mille ans la guerre Plaît aux peuples querelleurs, Et Dieu perd son temps à faire Les étoiles et les fleurs.
Mon père, ce héros au sourire si doux.
L’amour fait comprendre à l’âme L’univers, salubre et béni ; Et cette petite flamme Seule éclaire l’infini.
La patience est faite d’espérance.
Donnez au peuple qui travaille et qui souffre, donnez au peuple, pour qui ce monde-ci est mauvais, la croyance à un meilleur monde fait pour lui. Il sera tranquille, il sera patient. La patience est faite d’espérance.
Examinez cette balance : toutes les jouissances dans le plateau du riche, toutes les misères dans le plateau du pauvre. Les deux parts ne sont-elles pas inégales ? La balance ne doit-elle pas nécessairement pencher, et l’état avec elle ? Et maintenant dans le lot du pauvre, da…
Disons-le en passant, ce ne serait pas une haine intelligente que la haine du luxe. Cette haine impliquerait la haine des arts.
L’amour c’est l’absolu, c’est l’infini. La vie c’est le relatif et le limité. De là viennent tous les secrets et profonds déchirements de l’homme quand l’amour s’introduit dans la vie. Elle n’est pas assez grande pour le contenir.
Les citoyens sont un attelage et l’attelage n’est pas le cocher.
Le peuple donne son sang et son argent, moyennant quoi on le mène. Un guide lui est nécessaire.
Étant ignorant, le peuple est aveugle. Mais pourquoi le peuple est-il ignorant ? Parce qu’il faut qu’il le soit. L’ignorance est gardienne de la vertu. Où il n’y a pas de perspectives, il n’y a pas d’ambitions ; l’ignorant est dans une nuit utile, qui, supprimant le regard, su…
Le droit de l’enfant, c’est d’être un homme : ce qui fait l’homme, c’est la lumière ; ce qui fait la lumière c’est l’instruction.
On s’en va, parce qu’on a besoin de distraction, et l’on revient, parce qu’on a besoin de bonheur.
La grandeur et la beauté de la France, c’est qu’elle prend moins de ventre que les autres peuples ; elle se noue aisément la corde aux reins. Elle est la première éveillée, la dernière endormie. Elle va en avant. Elle est chercheuse. Cela tient à ce qu’elle est artiste.
L’idéal n’est autre chose que le point culminant de la logique, de même que le beau n’est autre chose que la cime du vrai. Les peuples artistes sont aussi les peuples conséquents. Aimer la beauté, c’est voir la lumière. C’est ce qui fait que le flambeau de l’Europe, c’est-à-di…
Chose admirable, la poésie d’un peuple est l’élément de son progrès. La quantité de civilisation se mesure à la quantité d’imagination.
Les races pétrifiées dans le dogme ou démoralisées par le lucre, sont impropres à la conduite de la civilisation.
La France est de la même qualité de peuple que la Grèce et l’Italie. Elle est athénienne par le beau et romaine par le grand. En outre elle est bonne. Elle se donne. Elle est plus souvent que les autres peuples en humeur de dévouement et de sacrifice. Seulement cette humeur la…
Aimez-vous. Soyez-en bêtes. L’amour, c’est la bêtise des hommes et l’esprit de Dieu. Adorez-vous.
Dans ce siècle on fait des affaires, on joue à la bourse, on gagne de l’argent, et l’on est pingre. On soigne et on vernit sa surface ; on est tiré à quatre épingles, lavé, savonné, ratissé, rasé, peigné, ciré, lissé, frotté, brossé, nettoyé au dehors, irréprochable, poli comm…
Voici une fleur que j’ai cueillie pour toi. Elle t’arrivera fanée, mais parfumée encore ; doux emblème de l’amour dans la vieillesse. Garde-la ; tu me la montreras dans trente ans. Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimer…
La composition poétique résulte de deux phénomènes intellectuels, la méditation et l’inspiration. La méditation est une faculté ; l’inspiration est un don. Tous les hommes, jusqu’à un certain degré, peuvent méditer : bien peu sont inspirés.
Vivants ! vous êtes des fantômes ; C’est nous qui sommes les vivants !.
L’entêtement sans l’intelligence, c’est la sottise soudée au bout de la bêtise et lui servant de rallonge.
Avec la solde de vos quatre-vingts bourreaux, vous paierez six cents maîtres d’école.