Je constate qu’il y a une absence de rêve. Il faut réapprendre à rêver.
Aujourd’hui, nous sommes dans une période que je trouve assez cruelle : il y a l’angoisse de ne pas gagner sa vie, de ne pas réussir. Cela donne un relationnel qui n’est pas toujours très sincère. Les hommes sont plus préoccupés de trouver la situation que d’envisager l’amour.
On m’a encore donné un rôle de vieux. Je me demande bien pourquoi, ça sent l’erreur de casting. Je ne suis pas une balance, mais il y avait d’autres acteurs plus décatis que moi, Dussollier, par exemple. Ça, c’est du vrai vieux, moi, c’est invraisemblable, ça fait faux.
Les chevaux m’auront appris à ne pas être cabot. En vivant dans le crottin, je trouve que l’ego en prend un coup.
Durant ma vie, deux activités m’auront été nécessaires, les chevaux et la comédie.
Moi, j’ai aimé aimer, mais je n’ai jamais été un dragueur ou un séducteur, j’étais un grand timide.
Mon esprit est peut-être toujours jeune, mais la carcasse, elle, commence à se fatiguer. Je crois que le plus important, avec l’âge, c’est de garder sa curiosité et, surtout, l’écoute de l’autre. Quand on commence à se désintéresser des autres, c’est le début de la fin, on se …
J’ai atteint un côté boy-scout écolo. J’aimerais que la planète s’en sorte. Cela me préoccupe beaucoup.
Une carrière est faite de désirs, de rêves, de chances. C’est paradoxal, frustrant. J’ai commencé par le théâtre sans penser au cinéma. J’ai beaucoup travaillé, souvent avec passion, même si je me reproche ceux de mes films que j’appelle “avoine-foin”. Les chevaux, ça vous rui…
Je suis de nature pessimiste, introspective. Les fantômes du passé me hantent parfois. Le temps passe si vite. .. Je traverse des sortes de moments sombres. Pourtant, je suis un privilégié. Je remercie ceux qui continuent de m’aimer malgré ma “maturité”.
Je me reproche de ne pas toujours avoir rendu les gens heureux autour de moi. Je me retrouve devant une montagne de “j’aurais dû”, “j’aurais pas dû”. Dans une vie, on fait du chagrin, on fait des douleurs. Je voudrais savoir dire plus souvent à mes enfants que je les aime.
J’ai beaucoup eu. Bien sûr, mener à terme les projets que j’ai en cours. Et lorsque la grande Faucheuse arrivera, je ne veux être en dépendance de rien. Ni de personne.
Belmondo signe autographes sur autographe. Apitoyé, on m’en demande un. Pour en rire et par dérision, je signe : De Funès. Rapidement, autour de moi, on se presse, je persiste et signe De Funès, puis l’amour propre m’envahi et, courageusement, je décide d’utiliser mon patronym…