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Honoré de Balzac

632 citations et aphorismes

Il suffit à l’amour d’un mot, d’un regard, d’une inflexion de voix, d’une attention légère en apparence; son plus beau privilège est de se prouver par lui-même.

Les femmes seules savent combien le respect que leur porte un maître engendre de séductions.

Faire le bien est une passion aussi supérieure à l'amour que l'humanité est supérieure à la créature.

L'amour est un faux-monnayeur qui change continuellement les gros sous en louis d'or, et qui souvent aussi fait de ses louis des gros sous

Les êtres sensibles ne sont pas des étres sensés.

Nos ridicules sont en grande partie causés par un beau sentiment, par des vertus ou par des facultés portées à l’extréme.

Aller au-devant de son aimé est une faute que peu d’hommes savent pardonner. La plupart d’entre eux voient une dégradation dans cette céleste flatterie.

La vertu n’est peut-étre que la politesse de l’âme. j, Souvent l’orgueil s’élève jusqu’à la vertu.

La seule épigramme permise à la misère est d’obliger la justice et la bienfaisance à des dénis injustes. Quand les malheureux ont convaincu la société de mensonge, ils se rejettent plus vivement dans le sein de Dieu.

Il est une charmante coquetterie permise, celle de l’âme, et qui peut s’appeler la politesse de l’amour.

Les spéculations les plus sûres sont celles qui reposent sur la vanité, sur l’amour-propre, l’envie de paraitre. Ces sentiments-là ne meurent jamais.

Les peines doivent produire sur l'âme de l'homme les mémes ravages que l'extrême douleur cause dans son corps ; or, cet étre intelligent, souffrant par une maladie morale, a bien le droit de se tuer au méme titre que la brebis qui,poussée par le tournis, se brise la téte contr…

Les physiologistes et les profonds observateurs de la nature humaine vous diront, à votre grand étonnement peut être, que, dans les familles, les humeurs, les caractères, l'esprit, le génie, apparaissent à de grands intervalles, absolument comme ce qu'on appelle les maladies h…

Le sentiment maternel est si large dans les coeurs aimants qu'avant d'arriver a l'indifférence une mère doit mourir ou s'appuyer sur quelque grande puissance la religion ou l'amour.

Physiquement, un homme est plus longtemps homme que la femme n’est femme. Moralement, l’homme est plus souvent et plus longtemps homme que la femme n’est femme.

Le problème de la béatitude éternelle est un de ceux dont la solution n’est connue que de Dieu dans l’autre vie. lci-bas, des poëles sublimes ont éternellement ennuyé leurs lecteurs à la peinture du paradis.

Il existe deux espèces de discrétions: discrétion active et discrétion négative. La discrétion négative est celle des sots qui emploient le silence , la négation , l’air renfrogné , la discrétion des portes fermées, véritable impuissance! La discrétion active procède par affir…

Quand l'avarice se propose un but, elle cesse d'être un vice, elle est le moyen d'une vertu, ses privations excessives deviennent de continuelles offrandes, elle a enfin la grandeur de l'intention cachée sous ses petitesses.

Lorsque l'âme et l'imagination ont agrandi le malheur, en ont fait un fardeau trop lourd pour les épaules et pour le front, quand une espérance longtemps caressée, dont les réalisations apaiseraient le vautour ardent qui ronge le cœur, vient à manquer, et que l'homme n'a foi n…

Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique; elle fait vivre, elle inspire la vengeance; mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse. C'est le mal devenu patelin, c'est le mépris dans la…

Les petits esprits ont besoin de despotisme pour le feu de leurs nerfs, comme les grandes âmes ont soif d’égalité pour l’action du cœur.

Lorsque nous ne croyons pas avoir le droit d’exprimer le bonheur causé par la présence de l’être aimé , nous déversons les sensations dont surabonde notre cœur dans les objets extérieurs, que nos sentiments cachés embellissent.

Le monde se contente de grimaces; ilse paye de ce qu'il donne, sans en vérifier l'aloi; pour lui, la vraie douleur est un spectacle , une sorte de jouissance qui le dispose à tout absoudre, même un criminel; dans son avidité d'émotions, il acquitte sans discernement et celui q…

On ne devrait marier que des jeunes gens innocents et des jeunes filles pures. Mais c'est une décevante utopie, il vaut mieux avoir sa rivale dans le passé que dans l'avenir.

La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais.

Le pauvre ne doit se coucher que pour mourir.

Pour un homme passionné, toute femme vaut ce qu'elle lui coûte.

Ce que les moralistes nomment les abîmes du cœur humain sont nniquement les décevantes pensées, les involontaires mouvements de l'intérêt personnel. Ces péripéties, le sujet de tant de déclamations, ces retours soudains sont des calculs faits au profit de nos jouissances.

Beaucoup d’amours procèdent par opposition: ce sont des querelles et des raccommodements, le vulgaire combat de l’esprit et de la matière. Mais le premier coup d’aile du véritable amour le met déjà bien loin de ces luttes, il ne distingue plus deux natures là où tout est même …

La nature morale n'a-t-elle pas, comme la nature physique, ses gouffres ou ses abîmes, où les caractères forts aiment à se plonger en risquant leur vie, comme un joueur aime à jouer sa fortune?