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Blaise Pascal

51 citations et aphorismes

Esprit

La puissance des mouches, elles gagnent des batailles, empechent notre ame d'agir, mangent notre corps.

L’on ne peut presque faire semblant d’aimer que l’on ne soit bien près d’être amant, ou du moins que l’on n’aime en quelque endroit ; car il faut avoir l’esprit et les pensées de l’amour pour ce semblant, et le moyen de bien parler sans cela ?.

La vérité des passions ne se déguise pas si aisément que les vérités sérieuses. Il faut du feu, de l’activité et un feu d’esprit naturel et prompt pour la première ; les autres se cachent avec la lenteur et la souplesse, ce qu’il est plus aisé de faire.

Quand on est loin de ce que l’on aime, l’on prend la résolution de taire ou de dire beaucoup de choses ; mais, quand on est près, on est irrésolu. D’où vient cela ? C’est que, quand on est loin, la raison n’est pas si ébranlée ; mais, elle l’est étrangement en la présence de l…

Dans l’amour on n’ose hasarder, parce que l’on craint de tout perdre ; il faut pourtant avancer, mais qui peut dire jusques où ? L’on tremble toujours jusqu’à ce que l’on ait trouvé ce point. La prudence ne fait rien pour s’y maintenir quand on l’a trouvé.

Quand on aime fortement, c’est toujours une nouveauté de voir la personne aimée. Après un moment d’absence, on la trouve de manque dans son cœur. Quelle joie de la retrouver ! l’on sent aussitôt une cessation d’inquiétudes. Il faut pourtant que cet amour soit déjà bien avancé …

Si on est trop jeune, on ne juge pas bien. Si on est trop vieil, de même. Si on n’y songe pas assez, si on y songe trop, on s’entête, et l’on ne peut trouver la vérité.

Les grandeurs naturelles sont celles qui sont indépendantes de la fantaisie des hommes, parce qu’elles consistent dans des qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps, qui rendent l’une ou l’autre plus estimable, comme les sciences, la lumière de l’esprit, la vertu, la…

Cet art que j’appelle l’art de persuader, et qui n’est proprement que la conduite des preuves méthodiques parfaites consiste en trois parties essentielles : à définir les termes dont on doit se servir par des définitions claires ; à proposer des principes ou axiomes évidents p…

Les principes du plaisir ne sont pas fermes et stables. Ils sont divers en tous les hommes, et variables dans chaque particulier avec une telle diversité, qu’il n’y a point d’homme plus différent d’un autre que de soi même dans les divers temps. Un homme a d’autres plaisirs qu…

L’homme est né pour le plaisir : il le sent, il n’en faut point d’autre preuve. Il suit donc sa raison en se donnant au plaisir. Mais bien souvent il sent la passion dans son coeur sans savoir par où elle a commencé.

Un plaisir vrai ou faux peut remplir également l’esprit. Car qu’importe que ce plaisir soit faux, pourvu que l’on soit persuadé qu’il est vrai ?.

A force de parler d’amour, on devient amoureux. Il n’y a rien si aisé. C’est la passion la plus naturelle à l’homme.

L’amour n’a point d’âge ; il est toujours naissant. Les poètes nous l’on dit : c’est pour cela qu’ils nous le présentent comme un enfant. Mais sans lui rien demander, nous le sentons.

Une haute amitié remplit bien mieux qu’une commune et égale le coeur de l’homme ; et les petites choses flottent dans sa capacité ; il n’y a que les grandes qui s’y arrêtent et qui y demeurent.

Athéisme, marque de force d’esprit, mais jusqu’à un certain degré seulement.

La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle.

Je n’ai fait celle-ci plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte.

Différence entre repos et sûreté de conscience. Rien ne donne l’assurance que la vérité rien ne donne le repos que la recherche sincère de la vérité.

Les inventions qui ne sont pas connues ont toujours plus de censeurs que d’approbateurs.

L’autorité. Tant s’en faut que d’avoir ouï dire une chose soit la règle de votre créance, que vous ne devez rien croire sans vous mettre en l’état comme si jamais vous ne l’aviez ouï.

Que sert à l’homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ? Qui veut garder son âme, la perdra.

La douceur de la gloire est si grande qu’à quelque objet qu’on l’attache, même à la mort, on l’aime.

Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser.

En écrivant ma pensée elle m’échappe quelquefois mais cela me fait souvenir de ma faiblesse que j’oublie à toute heure, ce qui m’instruit autant que ma pensée oubliée, car je ne tiens qu’à connaître mon néant.

C’est une maladie naturelle à l’homme de croire qu’il possède la vérité.

Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure !

Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur. C’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part essaie de le combattre.

Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents et l’ignorance de la vanité des plaisirs absents cause l’inconstance.

Ainsi s’écoule toute la vie on cherche le repos en combattant quelques obstacles et si on les a surmontés le repos devient insupportable par l’ennui qu’il engendre. Il en faut sortir et mendier le tumulte.