« Quand on aime fortement, c’est toujours une nouveauté de voir la personne aimée. Après un moment d’absence, on la trouve de manque dans son cœur. Quelle joie de la retrouver ! l’on sent aussitôt une cessation d’inquiétudes. Il faut pourtant que cet amour soit déjà bien avancé ; car, quand il est naissant et que l’on n’a fait aucun progrès, on sent bien une cessation d’inquiétudes, mais il en survient d’autres. »
La puissance des mouches, elles gagnent des batailles, empechent notre ame d'agir, mangent notre corps.
L’on ne peut presque faire semblant d’aimer que l’on ne soit bien près d’être amant, ou du moins que l’on n’aime en quelque endroit ; car il faut avoir l’esprit et les pensées de l’amour pour ce semblant, et le moyen de bien parler sans cela ?.
La vérité des passions ne se déguise pas si aisément que les vérités sérieuses. Il faut du feu, de l’activité et un feu d’esprit naturel et prompt pour la première ; les autres se cachent avec la lenteur et la souplesse, ce qu’il est plus aisé de faire.
Quand on est loin de ce que l’on aime, l’on prend la résolution de taire ou de dire beaucoup de choses ; mais, quand on est près, on est irrésolu. D’où vient cela ? C’est que, quand on est loin, la raison n’est pas si ébranlée ; mais, elle l’est étrangement en la présence de l…
Dans l’amour on n’ose hasarder, parce que l’on craint de tout perdre ; il faut pourtant avancer, mais qui peut dire jusques où ? L’on tremble toujours jusqu’à ce que l’on ait trouvé ce point. La prudence ne fait rien pour s’y maintenir quand on l’a trouvé.
Si on est trop jeune, on ne juge pas bien. Si on est trop vieil, de même. Si on n’y songe pas assez, si on y songe trop, on s’entête, et l’on ne peut trouver la vérité.