« Un matin, alors que je m’apprêtais à quitter mon appartement, j’ai entendu la voix de Gilles Deleuze à la radio. Je reproduis ici les phrases que j’ai notées de mémoire, quelques secondes après la diffusion de cette courte archive sonore : Si tu ne saisis pas le petit grain de la folie chez quelqu’un, tu ne peux pas l’aimer. Si tu ne saisis pas son point de démence, tu passes à côté. Le point de démence de quelqu’un, c’est la source de son charme. »
Aujourd’hui il lui semble que l’entreprise est un lieu qui broie. Un lieu totalitaire, un lieu de prédation, un lieu de mystification et d’abus de pouvoir, un lieu de trahison et de médiocrité.
Certains secrets sont comme des fossiles et la pierre est devenue trop lourde pour la retourner. Voilà tout.
Il exécute les gestes, respecte les horaires et les itinéraires, il se regarde vivre, ni présent ni absent, ignorant ce qui lui échappe comme ce qui lui appartient.
Et si on décidait d’aller à l’encontre de ce qui se fait ou ne se fait pas, si on décidait que les choses peuvent être autrement même si c’est très compliqué et toujours bien plus qu’il n’y paraît.
Les gens gentils sont les plus dangereux. Ils menacent l’édifice, entament la forteresse, un mot de plus et Mathilde pourrait se mettre à pleurer.
L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.