« Sans illusion quant à une vie future, certaine que tout amour ici-bas est inéluctablement voué à l’échec et à la mort, la femme pashtoune se hausse par ses chants au rang d’une héroïne de tragédie. Son destion s’inscrit dans un espace immense mais que la loi des hommes a tissé d’interdits. Aussi nourrit-elle son image de ce qui ne peut lui être refusé : la nature qui l’entoure. Elle est simple et sans complexité, comme le dessin des plaines nues. Elle est pure, limpide et impétueuse, comme les torrents des vallées rocheuses. Elle est belle, imposante et dure, comme la montagne aux reflets bleus de l’Hindoukouch. »
Déjà minuit, tu n’es toujours pas là. Mes couvertures sont en feu et me brûlent toute entière.
J’ai une fleur à la main qui se fane, Ne sais à qui la tendre sur cette terre étrangère.
Mon amant préfère les yeux couleur de ciel Et je ne sais où changer les miens couleur de nuit.
Pose ta bouche sur la mienne Mais laisse libre ma langue pour te parler d’amour.
Si meurt mon amant, que je sois son linceul ! Ainsi nous épouserons la poussière ensemble.
Déjà le coq maudit et son triste chant de départ, Et mon amant s’en va comme un oiseau blessé.