« Parfois, des profondeurs d’une marmite en fonte surgit quelque figure dessèchèes. Une aieule anonyme m’observe qui a tant su, tant vu, tant tu, tant endurè. »
Le silence de la nuit s’est posé sur ma page. Du silence et rien d’autre. J’entends, dans le désert de ma vie, battre mon coeur ensablé.
Des choses sacrées se murmurent dans l’ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d’épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur.
Entre dans l’eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t’entraîner par des sentes et des goulets qu’aucun vivant n’a encore empruntés. Je veux dire à m’en couper le souffle. Écoute !.
Je suis l’ombre qui cause. Je suis celle qui s’est volontairement clôturée pour tenter d’exister. Je suis la vierge des Murmures. À toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l’espoir des emmurées.
L’été qui régnait de l’autre côté des barreaux n’y changeait rien. La douleur est une saison en soi
Cette fois, elle ferma les volets, couvrit le miroir, ce piège à âmes, arrêta l’horloge… Elle venait faire un mort.