« On dit que l’on voit les plus beaux moments de sa vie défiler avant de mourir. Il paraît ainsi possible que l’on puisse voir les ravages et ratages du passé défiler au moment où le bonheur est là, devant nous, avec un sourire presque inquiétant. »
Je ne comprendrais décidément jamais cette expression : boire pour oublier. Quand je buvais, j’avais au contraire l’impression que la lucidité coulait en moi. Boire pour se souvenir. En revanche, je ne me souvenais pas précisément combien de vodkas j’avais bues.
On ne peut pas sauver l’humanité sans ses huit heures de sommeil. Tous les héros dorment bien, même d’un œil. Ils maîtrisent la nuit pendant que je compte tous les moutons du monde ; pas un qui m’ait jamais sauté par-dessus la tête. Il faudrait que l’un d’entre eux rate son sa…
Certains prénoms sont comme la bande-annonce du destin de ceux qui les portent. À la limite, Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, avec un tel prénom, je n’allais pas révolutionner l’humanité.
Choisir un prénom est si difficile. Il ne s’agit pas non plus de mettre le paquet dans le sens inverse. Je suis toujours stupéfait qu’on appelle un enfant Ulysse ; imaginez si le pauvre se retrouve timoré à la vue de son ombre.
Il est toujours un peu risqué d’appeler sa fille Marilyn ou Lolita. C’est le genre de prénom qui ne laisse pas vraiment le choix ; on doit avoir la sensualité dans les veines.
Si Bernard n’est pas synonyme de réussite, ce n’est pas pour autant un prénom repoussant. Il pourrait presque être charmant. Je dis presque. Voilà, c’est moi. Mon prénom n’est ni extravagant ni flamboyant. Je flotte dans un entre-deux qui me va bien. Je suis du genre incapable…