Je ne comprendrais décidément jamais cette expression : boire pour oublier. Quand je buvais, j’avais au contraire l’impression que la lucidité coulait en moi. Boire pour se souvenir. En revanche, je ne me souvenais pas précisément combien de vodkas j’avais bues.
On ne peut pas sauver l’humanité sans ses huit heures de sommeil. Tous les héros dorment bien, même d’un œil. Ils maîtrisent la nuit pendant que je compte tous les moutons du monde ; pas un qui m’ait jamais sauté par-dessus la tête. Il faudrait que l’un d’entre eux rate son sa…
Certains prénoms sont comme la bande-annonce du destin de ceux qui les portent. À la limite, Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, avec un tel prénom, je n’allais pas révolutionner l’humanité.
Choisir un prénom est si difficile. Il ne s’agit pas non plus de mettre le paquet dans le sens inverse. Je suis toujours stupéfait qu’on appelle un enfant Ulysse ; imaginez si le pauvre se retrouve timoré à la vue de son ombre.
Il est toujours un peu risqué d’appeler sa fille Marilyn ou Lolita. C’est le genre de prénom qui ne laisse pas vraiment le choix ; on doit avoir la sensualité dans les veines.
Si Bernard n’est pas synonyme de réussite, ce n’est pas pour autant un prénom repoussant. Il pourrait presque être charmant. Je dis presque. Voilà, c’est moi. Mon prénom n’est ni extravagant ni flamboyant. Je flotte dans un entre-deux qui me va bien. Je suis du genre incapable…
On confère toujours d’étranges qualités aux silencieux, aux discrets. On peut même les juger insaisissables.
Certains prénoms sont comme la bande-annonce du destin de ceux qui le portent.
En amitié, comme ailleurs, on peut rarement dire la vérité.
Ça me fascine, les gens qui peuvent dormir assis. Ca me semble aussi incongru que de marcher allongé.
Le couple enferme. Quoi qu’il arrive. Il enferme dans l’obligation de partager sa vie. L’expression vie commune veut tout dire : on vit une seule vie pour deux. Alors forcément vient un moment où l’on se sent à l’étroit dans cette moitié de vie. On étouffe, on a besoin d’air e…
C’est la seule chose que l’on peut conserver. Quand on n’a plus rien. L’envie de se tenir droit.
Albert se positionne au milieu de la lignée d’hommes dignes. Oui, ils sont dignes. On sent la volonté de ne pas offrir en plus du reste de sa douleur. C’est la seule chose que l’on peut conserver. Quand on n’a plus rien. L’envie de se tenir droit.
Il faut être optimiste, se dire que la haine est périssable. Les pessimistes ont fini à Hollywood, et les optimistes à Auschwitz.
La mort à trois âges différents. La jeune fille, la mère de famille, la grand-mère. Aucun âge ne vaut donc d’être vécu.
Il faut être optimiste, se dire que la haine est périssable.
Est-ce ainsi qu’on devient artiste ? En s’accoutumant à la folie des autres ?.
Il voulait être près des siens. Illusoire rempart à la fragilité des autres.
Le bonheur devient une île dans le passé, inaccessible.
Je devais vivre mon bonheur avec un compte à rebours du malheur dans le coeur.
Les premières fois sont la suprématie des souvenirs.
Le bonheur nous rend tolérants ou plutôt insensibles aux intolérances des autres.
Sur ce petit bout d’amour qui restait, il voulait vivre son futur comme un naufragé sur une île déserte.
On ne devrait jamais faire l’économie d’une douleur potentielle.
La mythologie du premier amour, du bien-être ravageur a pour condition d’anéantir toutes les répliques possibles.
Certains sentiments sont des souterrains, et on ne peut rien prononcer dans cette pénombre de coeur. L’absence de quelque chose, ça ne veut pas dire que ça n’existe pas.
Certains sentiments sont des souterrains, et on ne peut rien prononcer dans cette pénombre de coeur.
L’absence de quelque chose, ça ne veut pas dire que ça n’existe pas.
Le quotidien est une redoutable machine à ne plus observer l’autre.
Certains drames unissent les gens : ils se serrent dans les bras les uns des autres comme des promesses silencieuses d’un amour encore plus fort. Mais d’autres aboutissent à des moments dénués d’émotion : on était là à se regarder, et on partageait si peu de chose. Nous étions…