« Je sais que Granpy pense que papa est un imbécile. Je sais que papa en veut à maman, parce qu’elle est la fille de Granpy, mais aussi parce qu’elle m’a voulue, moi, et qu’il ne voulait pas d’enfants, ou du moins pas encore je sais aussi que papa m’aime très fort et peut-être même qu’il en veut à maman de m’aimer si fort alors qu’il ne voulait pas de moi, et je sais que maman m’en veut un peu des fois de m’avoir voulue alors que papa ne voulait pas. »
Les mots: ecrins qui recueillent une realite esseulee et la metamorphosent en un moment d'anthologie, magiciens qui changent la face de la realite en l'embellissant du droit de devenir memorable, rangee dans la bibliotheque des souvenirs.
Elle a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terrible…
A qui n’a jamais compris que l’enchantement de la langue française naît de telles subtilités, j’adresse la prière suivante : méfiez-vous des virgules.
Et, de toutes mes forces, je lance une supplique pour que ta vie soit à la hauteur de ce que tu promets.
Toutes les familles heureuses se ressemblent mais les familles malheureuses le sont chacune à leur façon.
Oui, l’univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l’insignifiance nous encercle.