« Comprendre la décision ou la conduite de quelqu’un, cela veut dire (et c’est aussi le sens étymologique du mot) les mettre en soi, mettre en soi celui qui en est responsable, se mettre à sa place, s’identifier à lui. Eh bien, aucun homme normal ne pourra jamais s’identifier à Hitler, à Himmler, à Goebbels, à Eichmann, à tant d’autres encore. »
Quand on change, c’est toujours en pire , disait un proverbe du camp.
La conviction que la vie a un but est profondément ancrée dans chaque fibre de l’homme, elle tient à la nature humaine.
La faculté qu’a l’homme de se creuser un trou, de sécréter une coquille, de dresser autour de soi une fragile barrière de défense, même dans des circonstances apparemment désespérées, est un phénomène stupéfiant qui demanderait à être étudié de près.
Il n’est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même.
Je crois bien que je constitue un cas extrême de sédentarité, comparable à celui de certains mollusques comme les patelles, qui, après avoir nagé librement durant une courte période larvaire se fixent sur un rocher, sécrètent une coquille, et n’en bougent plus de leur vie.
On est attaché à sa profession un peu comme on l’est à son pays : par des liens aussi complexes, souvent ambivalents et dont on ne saisit généralement toute l’importance que lorsqu’ils viennent à se rompre, par suite de l’exil ou de l’émigration dans le cas du pays d’origine, …