Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. Rien n'est ni tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs ames, c'est pareil. ... T'es une ame grise, joliment grise, comme nous tous.
AmourLorsque l'amour frappe a la porte, il ne reste que la porte, et que tout le reste disparait.
J’ai vu assez de tombes ouvertes et fait assez de trous pour en être certain. Creuser c’est apprendre à mourir.
Le sentiment que le monde n’est pas si laid, qu’il y a parfois de petites dorures, et qu’au fond, la vie, ce n’est rien d’autre que la recherche de ces miettes d’or.
Monsieur Bark lui répond bonjour,bonjour, et ces mots répétés deviennent comme une chanson,une chanson à deux voix. imane
Le camp m’a appris ce paradoxe : l’homme est grand, mais nous ne sommes jamais à la hauteur de nous-même.
C’est douloureux d’écrire. Je m’en rends compte depuis des mois que je m’y suis mis. Ça fait mal à la main, et à l’âme.
Alors même que les hommes redoutent la mort, ils l’envisagent souvent comme une solution à tous leurs problèmes, sans même se rendre compte qu’elle ne résout rien. Absolument rien. Elle n’a pas à résoudre quoi que ce soit. Ce n’est pas son rôle.
Le temps ne comptait pas. Le temps, ça n’existait pas.
Je suis enfin prêt. J’enfourche mon vélo. Je fonce. Le vent me renifle. J’ai 10 ans. Le présent est un cadeau somptueux.
Elle ne devait pas penser à sa fille car on ne songe jamais vraiment aux vivants avec l’intensité qu’ils méritent et que seule leur mort parvient à faire naître en nous. On ne regarde pas les vivants.
Nous sommes de bien petites mécaniques égarées par les infinis
Je ne redoutais pas ma propre mort par contre, elle me devenait insupportable quand je l’associais à Emelia et à Fédorine. C’est bien la mort des autres, des êtres aimés, pas la notre, qui nous ronge et peut nous détruire.
Des poux, on en a plein, une mère, on en a qu’une !
Mais je suis là, n’aie crainte, il ne peut rien t’arriver, je suis vieux mais j’aurai encore la force, tant qu’il le faudra, tant que tu seras une petite mangue verte qui aura besoin du vieux manguier.
Le temps passe pour tous les hommes, mais le nôtre est plus long. J’essuie les crachats. Je n’y prête pas garde : ce ne sont que des filets d’eau qui s’échappent de bouches mortelles. Je les surpasse en écrivant mes romans.
Parfois de grands malheurs sont ramenés par nos semblables à des proportions raisonnables, et les autres ne nous aident jamais tant que lorsqu’ils dégonflent comme des vessies de poissons, nos forts élans de désespoir.
Je ne sais pas trop par où commencer. C’est bien difficile. Il y a tout ce temps parti que les mots ne reprendront jamais, et les visages aussi, les sourires, les plaies. Mais il faut tout de même que j’essaie de dire. De dire ce qui depuis vingt ans me travaille le cœur. Les …
Je savais, comme lui sans doute, qu’on peut vivre dans les regrets comme dans un pays.
Écrire, quoi que j’aie pu dire à tous vents naguère, est un exercice hautement épuisant, un arrachement continu de viscères, de cœurs sanguinolents qui repoussent sans cesse, de veines qui n’en peuvent plus de s’ouvrir au grand jour et de se dévider comme des serpents.
Tout le monde aujourd’hui répugne à dire les choses par leur nom : un aveugle est un non-voyant, un animateur de télévision un artiste, bientôt les morts seront des non-vivants.
Toutes les familles possèdent, dit-on, d’épaisses strates de silence tendu, des souffrances engluées dans des secrets cachés bien au fond de belles armoires à linge.
Je revenais vers des lieux engourdis, des paysages qui me parlaient au cœur avec l’accent traînant des peines jamais guéries.
Les salauds, les saints, j’en ai jamais vu. Rien n’est tout noir ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil. .. T’es une âme grise, joliment grise, comme nous tous.
On dit toujours que l’on craint ce que l’on ne connaît pas. Je crois plutôt que la peur naît quand on apprend un jour ce que la veille on ignorait encore.
Être seul, c’est la condition de l’homme, quoi qu’il advienne.
Après sa mort, tout l’argent est parti à l’État : une bien belle veuve, l’État, toujours joyeuse et qui ne porte jamais le deuil.
L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain.
Le temps me parait un montre né pour éloigner ceux qui s’aiment, et les faire souffrir infiniment.
La rêverie de l’eau est sans doute celle qui convient le mieux à ma nature inconsistante car je n’ai jamais pu vraiment me saisir entre les doigts.