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Michel Tournier

22 citations et aphorismes

Nature

Une succession der champs de seigle mur, presque blancs ... entoures par la sombre toison d'une aulnaie.

Le scandale est bien souvent dans le regard sans amour que nous portons sur notre prochain.

Les légendes vivent de notre substance. Elles ne tiennent leur vérité que de la complicité de nos coeurs. Dès lors que nous n’y reconnaissons pas notre propre histoire, elles ne sont que bois mort et paille sèche.

L’eau qui stagne immobile et sans vie devient saumâtre et boueuse. Au contraire, l’eau vive et chantante reste pure et limpide. Ainsi, l’âme de l’homme sédentaire est un vase où fermentent des griefs indéfiniment remâchés. De celle du voyageur jaillissent en flots purs des idé…

Et voici qu’il avait la révélation que la Prusse-Orientale était tout entière une constellation d’allégories, et qu’il lui appartenait de se glisser en chacune d’elles, non seulement comme une clé dans une serrure, mais comme une flamme dans un lampion.

Si les coquins savaient tous les avantages de la vertu, ils deviendraient vertueux par coquinerie.

Je ne tiens pas tellement à être dans la Pléiade, ce que je veux c’est être lu et vous n’êtes pas tellement lu dans la Pléiade, c’est du spectacle, de la contemplation. Heureusement, il y a les livres de poche, alors là, ça y va.

Si on définit l’intelligence comme la faculté d’apprendre des choses nouvelles, de trouver des solutions à des problèmes se présentant pour la première fois, qui donc est plus intelligent que l’enfant ?.

L’artiste est expansif, généreux, centrifuge. Le photographe est avare, avide, gourmand, centripète.

L’année ne commence pas le 1er janvier, elle commence le 21 mars. Par quelle aberration a-t-on pu détacher ainsi le calendrier humain de la grande horloge cosmique qui règle la ronde des saisons ?.

La pauvreté prive un homme de toute vertu : il est difficile à un sac vide de se tenir debout.

Si tu attends d’un autre qu’il te donne du plaisir ou de la joie, l’aimes-tu ? Non. Tu n’aimes que toi-même. Tu lui demandes de se mettre au service de ton amour pour toi-même.

Dans un groupe d’hommes, celui qui ne ressemble pas aux autres est toujours détesté.

Parce que dans un groupe d’hommes, celui qui ne ressemble pas aux autres est toujours détesté.

Pour se faire obéir, fût-ce d’un roi, il n’est rien de tel que de lui commander l’acte qu’il souhaite du fond du cœur accomplir.

Il est tellement plus facile de faire des projets de livres que d’écrire des livres.

Regarde, lui dit il, les choses sont tristes, elle pleurent. Les arbres pleurent, les rochers pleurent, les nuages pleurent, et moi je pleurent avec eux. Ouh ouh ouh ! La pluie, c’est le grand chagrin de l’ile et de tout…

Lorsque Lucien Gagneron eut vingt-cinq ans, il dut renoncer le cœur crevé à l’espoir de jamais dépasser les cent-vingt-cinq centimètres qu’il avait atteints depuis huit ans déjà.

– Voyez-vous, dit-il, l’avantage des tempêtes, c’est qu’elles vous libèrent de tout souci. Contre les éléments déchaînés, il n’y a rien à faire. Alors on ne fait rien. On s’en remet au destin.

Le nombre fini de mes négatifs est justement équilibré par la possibilité que j’ai de tirer de chacun d’eux un nombre infini d’images positives. L’infini empirique ramené d’abord au fini de ma collection redevient un infini possible, mais cette fois il ne se déploie qu’à trave…

Michel Tournier cite Léon Blum (en juin 1995) en réponse à une question d’un lycéen qui lui reproche d’avoir, dans le roi des aulnes, esthétisé la barbarie : Le communisme est une technique, le socialisme est une morale et le fascisme une esthétique.

Car la vraie critique doit être créatrice et voir dans l’œuvre des richesses qui y sont indiscutablement, mais que l’auteur n’y avait pas mises. Proposition paradoxale si l’on s’en tient à l’idée habituelle d’un auteur créant l’œuvre, c’est-à-dire la sortant de lui-même, comme…