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Marie-Sabine Roger

30 citations et aphorismes

Pour faire chanter les gens, il faut une partition.

C’est la nécessité qui fait le diplomate.

L’espoir, c’est bon pour les rêveurs et les adolescents.

A force de tout faire pour éviter les mauvaises surprises, on finit par rater les bonnes, aussi.

Les secrets de famille sont de noires araignées qui tissent autour de nous une toile collante. Plus le temps passe, plus on est ligoté, bâillonné, serré dans une gangue. Incapable de bouger, de parler. D’exister.

Les voyageurs, les vrais, ils ont ça dans le sang. Même quand ils s’arrêtent, qu’ils ne vont nulle part, il y a toujours en eux une porte d’embarquement, un billet composté pour le rêve.

Lorsqu’on vit dans le désert, on finit par aimer le premier cactus qui pousse.

Pour certains le travail est une chose sacrée. Chacun sa religion. Je suis très tolérant.

Ce n’est pas la croyance qui me gêne, c’est ce que certains croyants en font. On a tué et on tuera encore au nom d’un Dieu hypothétique, auquel on prête – s’il existe – bien des médiocrités humaines.

Au final, je me demande même ce que je crains le plus, de l’intégriste violent ou du prosélyte onctueux. Chacun brandit à la la face su monde son Dieu, ses préceptes et ses textes sacrés, comme autant de drapeaux dans un stade. Les fanatiques ne sont qu’une foutue bande de hoo…

Si un jour je trouve ma voie, ce sera sûrement une impasse.

Il ne faut pas réveiller le passé à tout prix, confronter la mémoire à la réalité. Il faut laisser dormir l’enfance.

La vie m’apprend de force, et c’est tant mieux.

Le seul sens que je trouve à ma vie, c’est un sens giratoire.

A quoi ça sert d’aimer, quand c’est pas réciproque, sinon à se pourrir la vie ?.

J’aime bien les gens qui ont des manies, des gestes insignifiants qui en disent long sur eux. Ça ouvre des lucarnes, un peu, dans leur toiture.

Une maladresse qui vient du cœur se pardonne plus volontiers qu’un silence confortable. Elle s’oublie plus vite également.

Le problème, avec les lâches, c’est qu’on ne sait jamais devant qui ils finiront par s’aplatir. Tout ce qui compte pour lui c’est de ne pas avoir d’emmerdes. Rien qui fasse des clapotis dans sa flaque, son verre d’eau.

Un dictionnaire, ce n’est pas un simple livre. C’est bien plus que cela. C’est un labyrinthe. .. Un extraordinaire labyrinthe, où l’on se perd avec bonheur.

La mémoire est un bien qui ne prend sa valeur que lorsqu’elle se partage.

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Alors c’est ça la vie : ou t’es fort, ou t’es mort ? Tu parles d’un choix à la con.

J’apprends à garder le silence, à penser pour moi seule, à ne plus partager. Je fais semblant, aussi. Je comprends que grandir, c’est apprendre à mentir.

Il était tellement quelqu’un que, devant lui, je me sentais personne.

Entre quinze et vingt ans, la vie ressemble à un documentaire animalier : on lutte pour les amours et pour le territoire. S’il fallait pisser dans les coins chaque fois qu’on est en chaleur, les lycées fouetteraient comme des urinoirs.

Il me semblait que si tu oubliais tout de moi jusqu’à aujourd’hui, à mon tour je m’oublierais moi-même.

La gratitude n’aît de l’humanité que les gens vous témoignent, rarement de leur excellence.

Y’en a marre de toi et de tes sermensonges, des oui qui veulent dire non, de tes promesses énormes qui fondent tout de suite, et laissent des chagrins aussi poisseux qu’une barbe-à-papa.

Les nouveaux jeunes cons de cette génération nous saluaient index et majeur écartés, en nous faisant le V de la victoire. On répondait de la même façon. Sans l’index, par sobriété.

On m’a intubé le bazar pour cause d’écrasement de l’urètre, ce qui fait qu’ajouté à l’oedème des baloches, on dirait que je sors d’une greffe de biniou.

On en fait quoi, du sentiment du devoir accompli, quand on arrive en fin de course ? est-ce qu’au moins ça console des ratages et des manques ?