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La Bruyère

16 citations et aphorismes

La liberté n’est pas oisiveté ; c’est un usage libre du temps, c’est le choix du travail et de l’exercice : être libre en un mot n’est pas ne rien faire, c’est être seul arbitre de ce qu’on fait ou de ce qu’on ne fait point ; quel bien en ce sens que la liberté !.

Il me semble que l’on dépend des lieux pour l’esprit, l’humeur, la passion, le goût et les sentiments.

Il coûte moins cher de haïr que d’aimer.

Il y a de certaines gens qui veulent si ardemment et si déterminément une certaine chose, que de peur de la manquer, ils n’oublient rien de ce qu’il faut faire pour la manquer.

Les choses les plus souhaitées n’arrivent point ; ou si elles arrivent, ce n’est ni dans le temps ni dans les circonstances où elles auraient fait un extrême plaisir.

On ne pourrait se défendre de quelque joie à voir périr un méchant homme : l’on jouirait alors du fruit de sa haine, et l’on tirerait de lui tout ce qu’on en peut espérer, qui est le plaisir de sa perte. Sa mort enfin arrive, mais dans une conjoncture où nos intérêts ne nous p…

Il est pénible à un homme fier de pardonner à celui qui le surprend en faute, et qui se plaint de lui avec raison : sa fierté ne s’adoucit que lorsqu’il reprend ses avantages, et qu’il met l’autre dans son tort.

L’on est plus sociable et d’un meilleur commerce par le cœur que par l’esprit.

Il y a de certains grands sentiments, de certaines actions nobles et élevées, que nous devons moins à la force de notre esprit qu’à la bonté de notre naturel.

Il faut être bien dénué d’esprit, si l’amour, la malignité, la nécessité n’en font pas trouver.

Il y a des lieux que l’on admire : il y en a d’autres qui touchent, et où l’on aimerait à vivre. Il me semble que l’on dépend des lieux pour l’esprit, l’humeur, la passion, le goût et les sentiments.

Ceux qui font bien mériteraient seuls d’être enviés, s’il n’y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieux : c’est une douce vengeance contre ceux qui nous donnent cette jalousie.

Quelques-uns se défendent d’aimer et de faire des vers, comme de deux faibles qu’ils n’osent avouer, l’un du cœur, l’autre de l’esprit.

Un beau-père aime son gendre, aime sa bru. Une belle-mère aime son gendre, n’aime point sa bru. Tout est réciproque.

Jeune, on conserve pour sa vieillesse ; vieux, on épargne pour la mort. L’héritier prodigue paie de superbes funérailles, et dévore le reste.

La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu’à donner à propos.