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Joseph Joubert

75 citations et aphorismes

Arts

Celui qui a de l'imagination sans erudition a des ailes et n'a pas de pieds.

Nature

Oeil - est le soleil de la face.

Nature

Toute flamme est un feu humide.

Motivation

On a beau faire, la premiere question de l'homme est toujours «qu'est-ce que cela?» «A quoi bon?» n'est que la seconde. Tant notre besoin essentiel est de connaitre et tant acquerir des idees est notre grande ambition.

Esprit

Le but de la discussion ne doit pas etre la victoire, mais l'amelioration.

Esprit

Tout ce qui est tres spirituel, et ou l'ame a vraiment part, ramene a Dieu, a la piete. L'ame ne peut se mouvoir, s'eveiller, ouvrir les yeux, sans sentir Dieu. On sent Dieu avec l'ame, comme on sent l'air avec le corps.

Esprit

Toute verite nue et crue n'a pas assez passe par l'ame, pas assez roule dans notre tete; l'intelligence ne l'a pas assez epuree, le coeur assez imbibee de ses sucs, l'imagination assez paree de ses livrees.

Religion

Un jeune homme mefiant est en danger d'etre un jour fourbe.

Les meilleures lois naissent des usages.

Décernez aux chefs des honneurs, mais revêtez-en les soldats.

La grâce imite la pudeur, comme la politesse imite la bonté.

Appelons donc hommes de génie ceux qui font vite ce que nous faisons lentement.

Un peu de vanité et un peu de volupté, voilà de quoi se compose la vie de la plupart des femmes et des hommes.

J’avais besoin de l’âge pour apprendre ce que je voulais savoir, et j’aurais besoin de la jeunesse pour bien dire ce que je sais.

Dans Platon, l’esprit de poésie anime les langueurs de la dialectique.

Le poëte s’interroge le philosophe se regarde. Les poëtes ont cent fois plus de bon sens que les philosophes. En cherchant le beau, ils rencontrent plus de vérités que les philosophes n’en trouvent en cherchant le vrai.

Fénelon laisse plus souvent tomber sa pensée qu’il ne la termine. Rien en lui n’est assez moulé.

L’ambition est impitoyable : tout mérite qui ne la sert pas est méprisable à ses yeux.

Les rochers sont l’excuse et l’ornement de la stérilité.

La critique est un exercice méthodique du discernement.

L’abus de l’expérience est de conclure de quelques unités à la multitude, ou de la multitude à l’absolue universalité.

Il n’y a pas assez de sagesse ou assez de vertu dans ceux de nos jugements et de nos sentiments où il n’y a pas assez de patience.

Il ne faut jamais regretter le temps qui a été nécessaire pour bien faire.

Défiez-vous, dans les livres métaphysiques, des mots qui n’ont pas pu être introduits dans le monde, et ne sont propres qu’à former une langue à part.

Je n’ai jamais ouï dire que le feu fût ennemi de la lumière.

Il faut des vertus qui fassent aimer et des défauts qui fassent craindre. Probablement ce sont les défauts qui vous manquent.

La faiblesse qui conserve vaut mieux que la force qui détruit.

Il faut que les hommes soient les esclaves du devoir, ou les esclaves de la force.

Dans ses ouvrages [Racine], tout est de choix, et rien n’est de nécessité. C’est là ce qui constitue son excellence.

Exceptez-en un petit nombre de mots très-rudes et d’autres qui sont très-doux, les langues se composent de mots d’un son indifférent, et dont le sens détermine l’agrément, même pour l’ouïe. Dans le vers de Boileau, par exemple, traçât à pas tardifs un pénible sillon, on remarq…