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Honoré de Balzac

632 citations et aphorismes

La nature morale n’a-t-elle pas, comme la nature physique, ses gouffres ou ses abîmes, où les caractères forts aiment à se plonger en risquant leur vie, comme un joueur aime à jouer sa fortune?

Lorsque l'âme et le corps ont été brisés dans une longue et douloureuse lutte, l'heure où les forces sont dépassées est suivie ou de la mort, ou d'un anéantissement pareil à la mort, mais où les natures capables de résister prennent alors des forces.

Quitter une femme aimée est une situation horrible ou simple, selon les natures.

S'il est un sentiment inné dans le cœur de l'homme, n'est-ce pas l'orgueil de la protection exercée à tout moment en faveur d'un être faible? Joignez-y l'amour, cette reconnaissance vive de toutes les âmes franches pour le principe de leurs plaisirs, et .vous comprendrez une f…

Le sourire est l'apanage, la langue, l'expression de la maternité.

L’amour chez les jeunes gens est tellement extatique et religieux, qu’il veut tout obtenir de la conviction morale; et de là vient sa sublimité

L'avarice et la charité se trahissent par des effets semblables -: la charité ne se fait-elle pas dans le ciel le trésor que se fait l'avare sur la terre?

Il est des femmes qui préfèrent l'éclat d'une faute à la tranquillité du bonheur; elles insultent la société pour en obtenir la fatale aumône d'une médisance; elles veulent faire parler d'elles à tout prix.

Qui se mésestime ne saurait vivre seul.

Souvent le plus léger voile qui s'interpose entre deux âmes devient un mur d'airain.

La tristesse engendrée par le renversement de toutes nos espérances est une maladie; elle donne souvent la mort. Ce ne sera pas une des moindres occupations de la physiologie actuelle que de rechercher par quelles voies, par quels moyens, une pensée arrive à produire la méme d…

La seule épigramme permise à la misère est d'obliger la justice et la bienfaisance à des dénis injustes. Quand les malheureux ont convaincu la société de mensonge, ils se rejettent plus vivement dans le sein de Dieu.

Il ne suffit pas d’étre honnéte homme, il faut le paraître. La société ne vit pas seulement par des idées morales; pour subsister, elle a besoin d’actions en harmonie avec ses idées.

Le malheur est une espèce de talisman dont la vertu consiste à corroborer notre constitution primitive: il augmente la défiance et la méchanceté chez certains hommes,comme il accroît la bonté de ceux qui ont un cœur excellent.

A Paris, quelle que soit la fortune d’un homme, il rencontre toujours une fortune supérieure de laquelle il fait son point de mire et qu’il veut surpasser.

Il est en quelque sorte deux jeunesses: la jeunesse durant laquelle on’ croit, la jeunesse pendant laquelle on agit; souvent elles se confondent chez les hommes que la nature a favorisés, et qui sont, comme César, Newton et Bonaparte, les plus grands parmi les grands hommes.

La beauté sans expression est peut-être une imposture.

Tout ce qui tourne en malheur pour une femme abandonnée se change en bonheur chez un homme abandonné

Deux sentiments purs qui se confondent ne sont-ils pas comme deux b.elles voix qui chantent?

La jeunesse est toujours encline à je ne sais quelle promptitude de jugement qui lui fait honneur, mais qui la dessert; de là venait le silence imposé par l'éducation d'autrefois aux jeunes gens, qui faisaient auprès des grands un stage pendant lequel ils étudiaient la vie, ca…

La puissance est clémente, elle se rend à l’évidence, elle est juste et paisible; tandis que les passions engendrées par la faiblesse sont impitoyables.

Les maisons peuvent brûler, les fortunes sombrer, les pères revenir de voyage, les empires crouler, le choléra ravager la cité, l’amour d’une jeune fille poursuit son vol, comme la nature sa marche, comme cet effroyable acide que la chimie a découvert, et qui peut trouer le gl…

Un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme!

Les événements ne sont jamais absolus, leurs résultats dépendent entièrement des individus : le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.

La légèreté de l'esprit et les grâces de la conversation sont un don de la nature ou le fruit d'une éducation commencée au berceau.

La jeunesse est plus gourmande que friande.

L'extase religieuse est la folie de la pensée dégagée de ses liens corporels; tandis que , dans l'extase amoureuse, se confondent, s'unissent et s'embrassent les forces de nos deux natures

Avez-vous remarqué le singulier phénomène de la réaction que produit sur l’homme la vie en commun? Les étres tendent, par le sens indélébile de l’imitation simiesque, à se modeler les uns sur les autres. On prend, sans s’en apercevoir, les gestes, les façons de parler, les att…

Après le plaisir d'admirer soi-méme une femme aimée, vient celui de la voir admirée par tous.

Dans la vie morale , aussi bien que dans la vie physique, il existe une aspiration et une respiration; l'âme a besoin d'absorber les sentiments d'une autre âme , de se les assimiler pour les lui restituer plus riches. Sans ce beau phénomène humain, point de vie au cœur; l'air …