Des écoles de penseurs apparurent alors qui interprétèrent l’histoire comme un processus cyclique et prétendirent démontrer que l’inégalité était une loi inaltérable de la vie humaine.
Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre.
Si les éditeurs et les directeurs de journaux s’arrangent pour que certains sujets ne soient pas abordés, ce n’est pas par crainte des poursuites judiciaires, mais par crainte de l’opinion publique.
La lâcheté intellectuelle est dans notre pays le pire ennemi qu’ait à affronter un écrivain ou un journaliste, et ce fait ne semble pas avoir reçu toute l’attention qu’il mérite.
Ce qu’il y a de plus inquiétant dans la censure des écrits en Angleterre, c’est qu’elle est pour une bonne part volontaire. Les idées impopulaires peuvent être étouffées et les faits gênants passés sous silence, sans qu’il soit besoin pour cela d’une interdiction officielle.
Évidemment, réclamer la liberté d’expression n’est pas réclamer une liberté absolue. Il faudra toujours, ou du moins il y aura toujours, tant qu’existeront des sociétés organisées, une certaine forme de censure. Mais la liberté, comme disait Rosa Luxemburg, c’est la liberté po…
Si la liberté de pensée, qui est sans aucun doute l’un des traits distinctifs de la civilisation occidentale, a la moindre signification, elle implique que chacun a le droit de dire et d’imprimer ce qu’il pense être la vérité, à la seule condition que cela ne nuise pas au rest…
En général, plus vaste est la compréhension, plus profonde est l’illusion. Le plus intelligent est le moins normal.
En causant avec elle, Winston se rendit compte à quel point il était facile de présenter l’apparence de l’orthodoxie sans avoir la moindre notion de ce que signifiait l’orthodoxie.
L’âne dit: Dieu m’a donné une queue pour taper les mouches mais j’aimerais avoir pas de queues et pas de mouches.
Car l’Homme est notre seul véritable ennemi. Qu’on le supprime, et voici extirpée la racine du mal. Plus à trimer sans relâche ! Plus de meurt-la-faim ! L’homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’œufs, il est trop débile…
Ils ne deviendront conscients que lorsqu’ils seront révoltés et ils ne révolteront que lorsqu’ils deviendront conscients. Les prolétaires et les animaux sont libres
Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés.
Tous les maux de notre vie sont dus à l’Homme, notre tyran. Débarrassons-nous de l’Homme, et nôtre sera le produit de notre travail. C’est presque du jour au lendemain que nous pourrions devenir libres et riches.
Il est impossible de voir la réalité si on ne regarde avec les yeux du Parti.
La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit.
Comment communiquer avec l’avenir ? C’est impossible intrinsèquement. ou l’avenir ressemblerait au présent, et on ne l’écouterait pas, ou il serait différent, et son enseignement, dans ce cas, n’aurait aucun sens.
Il y avait la vérité, il y avait le mensonge, et si l’on s’accrochait à la vérité, même contre le monde entier, on n’était pas fou.
Beaucoup de gens ne sont à l’aise dans un pays étranger que s’ils en méprisent les habitants.
Lorsqu’on livre une guerre, c’est toujours pour être en meilleure position pour livrer une autre guerre.
La prochaine génération ne m’intéresse pas chéri. Ce qui m’intéresse c’est nous. (…) Elle était de ces gens qui peuvent s’endormir à n’importe quelle heure et dans n’importe quelle position.
Vous ne possédiez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne.
Quand on aimait, on aimait, et quand on n’avait rien d’autre à donner, on donnait son amour.
Le parti se trompait et lui était dans le vrai. L’évidence, le sens commun, la vérité devaient être défendus. Les truismes sont vrais. Il fallait s’appuyer dessus.Le monde matériel existe, ses lois ne changent pas
Le millionnaire moyen n’est rien d’autre que le plongeur moyen arborant un complet neuf.
Le monde d’aujourd’hui est un monde nu, affamé, dilapidé, comparé au monde qui existait avant 1914, et encore plus si on le compare à l’avenir qu’imaginaient les gens de cette époque.
Il déclarait, par exemple, que Dieu lui avait bien donné une queue pour chasser les mouches, mais qu’il aurait beaucoup préféré n’avoir ni queue ni mouches.
Il était curieux de constater combien le type scarabée proliférait dans les ministères.
S’accrocher jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n’avait pas de futur, était un instinct qu’on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d’aspirer l’air tant qu’il y a de l’air à respirer.
Aucun animal ne devra dormir dans un lit avec des draps.