« Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s’est fait connaître et il m’a dit : Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j’aime moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. »
A travers l'eau pure du diamant l'avenir s'etalait en effet, etincelant. On y entrait, un peu aveugle, etourdi.
Mais aimer une jeune fille c’est n’aimer personne puisque ça ne reste pas, puisque ça change en devenant femme.
Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimé, je n’ai fait qu’attendre devant la porte fermée.
L’histoire de ma vie n’existe pas. ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait quelqu’un, ce n’est pas vrai il n’y avait personne.
Je me suis dit qu’on écrivait toujours sur le corps mort du monde et, de même, sur le corps mort de l’amour.
Très vite dans ma vie il a été trop tard. A dix-huit ans il était déjà trop tard. Entre dix-huit et vingt-cinq ans mon visage est parti dans une direction imprévue. A dix-huit ans j’ai vieilli. Je ne sais pas si c’est tout le monde, je n’ai jamais demandé. Il me semble qu’on m…