« S’imaginer que le bonheur est à jamais derrière nous, soutenir que le progrès est une illusion, voir l’avenir comme une menace constitue un des signes les plus sûrs de la sénilité. »
L’irrévocable nécessité de l’histoire n’est faite que de hasards qui auraient pu ne pas se produire. Le tout est un jardin aux sentiers innombrables et rêvés dont un petit nombre seulement passent dans la réalité. La réalité, pourtant, n’est rien d’autre que ce qu’elle est.
Le passé est ce qui interdit au présent de battre la campagne. Il le soutient, il l’oriente, il le commande, il le tient en lisière, il lui laisse juste assez de jeu pour que la liberté puisse s’y glisser. Pour que le présent se développe avec efficacité et harmonie, il faut q…
Ma vie a fini par se confondre avec les livres que j’ai écrits. Il y a eu quelques amours qui ont compté plus que tout. Il y a eu, sur terre et sur mer, sur la neige, dans l’imagination et en songe, un tourbillon de plaisirs. Il y a eu les livres. Et puis, rien. Aime et fais c…
Tout secret est un miracle. Il n’y a pas, écrit Aragon, de vin plus soûl que le secret. Il n’y a pas plus grand’merveille qu’à savoir sans partage. Peut-être le monde entier n’est-il qu’un grand secret. Et quand il n’y aura plus personne pour se souvenir de nous, tout ce que n…
J’aime beaucoup les soirs, vous savez. J’aime aussi beaucoup les matins. Pour moi qui ne change jamais, rien n’est plus beau que ces instants où, à la différence du grand jour ou de la nuit déjà close, quelque chose enfin, quelque chose déjà, est en train de changer. Comme c’e…
Il y a une définition assez célèbre de la vie : C’est l’ensemble des forces qui résistent à la mort. Ma définition à moi serait plutôt l’inverse : la vie, c’est ce qui meurt. La vie et la mort sont unies si étroitement qu’elles n’ont de sens que l’une par l’autre.