« Si, d’autre part, Dieu n’existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite. Ainsi, nous n’avons ni derrière nous ni devant nous, dans le domaine numineux1 des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses. C’est ce que j’exprimerai en disant que l’homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu’il ne s’ est pas créé lui- même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait. »
Un droit n’est jamais que l’autre aspect d’un devoir.
Il ne suffit pas de dire, en effet, qu’un amour “a“ un avenir, comme si le futur était extérieur à l’objet qu’il caractérise : mais l’avenir fait partie de la forme organisée d’écoulement de cet “amour“, car c’est son être au futur qui donne à l’amour son sens d’amour.
Le futur est déjà : sinon comment mon amour serait-il amour ? Seulement il n’est pas donné encore : c’est un “maintenant“ qui n’est pas encore dévoilé. Il perd donc son caractère de possibilité-que-j’ai-à-être : mon amour, ma joie n’ont pas à être leur futur, ils le sont dans …
Imaginer c’est donner à l’imaginaire un bout de réel à ronger.
Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après.
Dostoïevsky avait écrit : Si Dieu n’existait pas, tout serait permis. C’est là le point de départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui ni hors de lui une possibilité de s’a…