« Sans souvenirs, nous serions des hommes libres. La mémoire est la mauvaise fée du temps. Les souvenirs en sont les forces obscures. Aucun souvenir n’apporte la joie réelle, la sérénité. Regrets, remords, les souvenirs sont des tas de petites cloches discordantes qui vibrent en nous. Et plus la vie passe, et plus la petite musique des souvenirs dissone. »
Je ne savais pas encore que le chant était pareil au rire, et qu’on pouvait tout y mettre, même la mélancolie.
On ne peut pas reprocher à la vie de vous reprendre ce que vous ne regardiez plus.
Perdre sa mère à quelques jours de le devenir est un terrible exil.
On ne se repaît pas d’un enterrement comme d’un mariage. On ne parle ni des tenues, ni des chapeaux, ni de la beauté des unes, ni du mauvais goût des autres. On ne commente pas les invités ailleurs que dans son for intérieur.
J’essayais de ne pas céder à la panique. Celui qui écrivait ces lettres souhaitait visiblement me faire croire qu’il parlait de moi. Mais qui pouvait vouloir me faire ça ?
Si à deux ans moins quelques jours, on ne sait pas que l’on rencontre l’amour, à vingt ans moins quelques jours, on sait quand il meurt.