Je viens d’écrire une apologie de la haine. Mais au fond ce que j’entends par haine, c’est un mouvement de désespoir, c’est la noirceur du désespoir, état purement subjectif qui n’a rien à voir avec la volonté de nuire, avec l’acharnement contre autrui.
Lors même que nous croyons avoir délogé Dieu de notre âme, il y traîne encore ; nous sentons bien qu’il s’y ennuie, mais nous n’avons plus assez de foi pour le divertir.
L’ignorance est un état parfait. Et on comprend que celui qui en jouit ne veuille pas en sortir.
Je connais toutes les formes de lâcheté, sauf l’intellectuelle. J’ai, indéniablement, un certain courage devant le papier blanc. Je dois ajouter aussi que je n’ai jamais écrit une seule ligne contre mes convictions.
Le mot qui me vient le plus à l’esprit, que je sois dehors ou chez moi, est duperie. A lui seul, il résume toute ma philosophie.
Connais-toi toi-même. on n’a jamais exprimé en une formule plus brève l’état de malédiction.