« Maintenant, je désire presque le retour de la nuit polaire avec son monde féerique d’étoiles, ses fantastiques aurores boréales et sa lune lumineuse poursuivant sa course dans le grand silence de la nuit endormie. C’est comme un rêve, comme une échappée dans le monde de la fantaisie et de l’imagination. Il n’y a plus aucune forme, aucune réalité, rien qu’une vision d’un ruissellement d’argent et de violet planant au dessus de la terre. »
Il n’existe rien de plus merveilleusement beau que cette nuit Arctique. C’est le pays des rêves, coloré des teintes les plus délicates qu’on puisse imaginer : c’est la couleur irréelle ! Les nuances se fondent les unes dans les autres dans une merveilleuse harmonie.
Toute la beauté de la vie n’est-elle pas haute, délicate et pure comme cette nuit ? Le ciel est une immense coupole bleue au zénith, passant vers l’horizon au vert, puis au lilas et au violet.
Sur les champs de glace apparaissent de froides ombres bleu foncé, et, çà et là, les hautes arêtes de la banquise s’allument de lueurs roses, derniers reflets du jour mourant. En haut brillent les étoiles, éternels symboles de la paix.