« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : Je m’endors. Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n’était plus allumé. »
Aimer est un mauvais sort, comme ceux qu'il y a dans les contes, contre quoi on ne peut rien jusqu'a ce que l'enchantement ait cesse.
ArtsMais nous nous representons l'avenir comme un reflet du present projete dans un espace vide, tandis qu'il est le resultat, souvent tout prochain, de causes qui nous echappent pour la plupart.
ArtsPour se representer une situation inconnue l'imagination emprunte des elements connus et, a cause de cela, ne se la represente pas.
Esprit... il n'y a guere que le sadisme qui donne un fondement dans la vie a l'esthetique du melodrame.
AmourOn a tort de parler en amour de mauvais choix, puisque des qu'il y a choix il ne peut etre que mauvais.
Les liens entre un être et nous n’existent que dans notre pensée. La mémoire en s’affaiblissant les relâche, et malgré l’illusion dont nous voudrions être dupes, et dont par amour, par amitié, par politesse, par respect humain, par devoir, nous dupons les autres, nous existons…