« Les femmes de harem ne sont-t-elles pas plus heureuses qu’une électrice ? La ménagère n’est-elle pas plus heureuse que l’ouvrière ? On ne sait trop ce que le mot de bonheur signifie et encore moins quelles valeurs authentiques il recouvre : il n’y a aucune possibilité de mesurer le bonheur d’autrui et il est toujours facile de déclarer heureuse la situation qu’on veut lui imposer… C’est donc une notion à laquelle nous ne référons pas… Tout sujet se pose concrètement à travers des projets comme une transcendance ; il n’accomplit sa liberté que par son perpétuel dépassement vers d’autres libertés ; il n’y a d’autre justification de l’existence présente que son expansion vers un avenir indéfiniment ouvert… Comment dans la condition féminine peut s’accomplir un être humain ? Quelles voies lui sont ouvertes ? lesquelles aboutissent à des impasses ? comment retrouver l’indépendance au sein de la dépendance ? quelles circonstances limitent la liberté de la femme et peut elle les dépasser ?… »
Simone de Beauvoir

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