« Le nœud qui me soudait à Caracole, en corde à rire, en fil de rien, une complicité et des regards, du bout à bout de joies en chanvre, tissées en laine de tout, ce nœud vibra alors plus dense qu’un métal, presque aussi puissant qu’un vif. »
Quant aux mots, en agiter la poussière me semblait plus que vain, non qu’ils manquassent en moi pour exprimer ce que j’éprouvais, mais plutôt par l’excès de ceux qui me montaient du ventre, noués comme des pelotes de fils que ma langue n’aurait su délier.
Le monde a une réalité. C’est d’elle qu’il faut partir, non d’un modèle idéal qu’il s’agirait d’approcher au plus près. Le monde est. Le monde est ce qu’il est. Peu importe ce qu’il pourrait être, ce qu’il aurait pu devenir, ce qu’il sera si…
Si tu es absolument certain de mourir en continuant, tu n’es pas un héros, tu n’es qu’un abruti qui se suicide pour la gloire. La fausse gloire.
La folie n’est plus folle, dès qu’elle est collective.
Tout ce qui est de ce monde n’est fait que de vent… Le solide est un liquide lent… Eh oui ! Le liquide est fait d’air dense, ralenti, rendu plus épais… Notre univers, croyez-moi, n’existe qu’à force de lenteur.
Ta vision de la mémoire est contaminée par le sens commun, troubadour. La mémoire n’est pas une faculté qui pourrait ou non s’exercer. Nous retenons tous absolument tout. Ce qui fait la différence, c’est la capacité d’oubli…