« L’amitié, c’est moins simple. Elle est longue et dure à obtenir, mais quand on l’a, plus moyen de s’en débarrasser, il faut faire face. Ne croyez pas surtout que vos amis vous téléphoneront tous les soirs, comme ils le devraient, pour savoir si ce n’est justement pas le soir où vous décidez de vous suicider, ou si simplement vous n’avez pas besoin de compagnie, si vous n’êtes pas en disposition de sortir. Mais non, s’ils téléphonent, soyez tranquille, ce sera le soir où vous n’êtes pas seul, et où la vie est belle. Le suicide, ils vous y pousseraient plus tôt, en vertu de ce que vous vous devez à vous même selon eux. »
Bien entendu, le véritable amour est exceptionnel, deux ou trois fois par siècles à peu près. Le reste du temps, il y a la vanité et l’ennui.
Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.
Vivre, c’est ne pas se résigner.
Je ne vais rien faire, lire, me promener, attendre. Attendre quoi ? Je n’en sais rien. Mais plutôt que de laisser une oeuvre qui trahisse tout ce que je sens, je préfère ne rien laisser du tout.
Le croyant s’embarrasse t-il des contradictions des évangiles et des excès de l’Église ? Croire est-ce admettre l’Arche de Noé, est-ce défendre l’inquisition, ou le tribunal qui condamna Galilée ?.
Si j’avais à écrire ici un livre de morale, il aurait cent pages et quatre-vingt-dix-neuf seraient blanches. Sur la dernière j’écrirais : Je ne connais qu’un seul devoir, et c’est celui d’aimer . Et pour le reste, je dis non. Je dis non, de toutes mes forces.