« La gloire dépend du succès ; le succès dépend du génie et de la conduite. L’orgueil accuse la fortune de ses revers. »
Un homme estimable, une femme vertueuse, unis plutôt par leur bonheur que par leurs sentiments, s’isolent volontiers de la société pour être entièrement l’un à l’autre ; mais ils ne sont pas perdus pour elle : ils peuvent lui servir d’exemple.
On a le génie propre à une chose ; on en conclut qu’on est homme de génie, et on se trompe. Charles XII avait le génie de la guerre, Mazarin celui des affaires, Boileau celui de la poésie. Périclès, César, Richelieu, Pierre le Grand, Montesquieu, Voltaire, étaient des génies.
La grandeur importune, fatigue, blesse le peuple. Il s’en venge ordinairement par la haine, et croit rapprocher les distances, s’il aie droit d’y joindre le mépris. Beaucoup de grands ne connaissent de la grandeur qu’un fardeau au-dessus de leurs forces.
Le courage et des circonstances heureuses font le héros, Le génie, les talents et les vertus font les grands hommes.
La timidité et la modestie sont loin d’être la même chose. C’est l’orgueil qui rend timide, c’est l’amour-propre qui rend modeste.
La mollesse est au moins le sommeil des vertus.