« La dernière conquête de Jorges, une jeune bimbo allemande qui s’appelait Ute, au jambes si longues qu’elles arrivaient jusqu’entre les omoplates. »
Il était toujours stupéfait d’entendre les gens qui s’immergeaient volontairement dans la pire détresse et se donnaient pour mission de raconter aux autres tous les malheurs du monde.
Pendant les inhumations, tout était au ralenti, les gestes, les sourires, les signes de tête, on aurait dit que tous les instincts savaient que cela représentait en quelque sorte le respect de la mort elle-même.
Le souvenir qui lui tendait presque les bras s’est enfoui avant qu’elle ait pu l’attraper.
Un profond désespoir l’envahit tout à coup, c’était à en pleurer, c’était insupportable.
Il suivait toujours la routine à la lettre, c’était source de grande liberté. Cela libérait d’autres pensées.
Il avait cru qu’il était sur le point de retrouver une sorte de famille.