« Tel est de mon amour l'aveuglement funeste, Vous le savez, Madame, et le destin d'Oreste Est de venir sans cesse adorer vos attraits, Et de jurer toujours qu'il n'y viendra jamais. Je sais que vos regards vont rouvrir mes blessures, Que tous mes pas vers vous sont autant de parjures: Je le sais, j'en rougis; mais j'atteste les dieux, Témoins de la fureur de mes derniers adieux, Que j'ai couru partout où ma perte certaine Dégageait mes serments et finissait ma peine. J'ai mendié la mort chez des peuples cruels Qui n'apaisaient leurs dieux que du sang des mortels: Ils m'ont fermé leur temple; et ces peuples barbares De mon sang prodigué sont devenus avares. Enfin je viens à vous, et je me vois réduit A chercher dans vos yeux une mort qui me fuit, Mon désespoir n'attend que leur indifférence: Ils n'ont qu'à m'interdire un reste d'espérance, Ils n'ont, pour avancer cette mort où je cours, Qu'à me dire une fois ce qu'ils m'ont dit toujours. Voilà, depuis un an, le seul soin qui m'anime. … »
Ramene-le fidele, et permets en ce jour Qu'en retrouvant l'amant je retrouve l'amour.
EspritQuand meme a vos bontes, je craindrais quelque obstacle, Le changement, madame, est commun a la cour; Et toujours quelque crainte accompagne l'amour.
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
Votre bouche à la mienne ordonna de se taire. Je disputais longtemps, je fis parler mes yeux. Mes pleurs et mes soupirs vous suivaient en tous lieux. Enfin votre rigueur emporta la balance: Vous sûtes m'imposer l'exil ou le silence, Il fallut le promettre, et même le jurer. Ma…
Ah, cruel, tu m'as trop entendue! Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur. Eh bien! Connais donc Phèdre et toute sa fureur: J'aime! Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même; Ni que du fol amour qui trouble ma raison Ma lâche com…
J’ai voulu te paraitre odieuse, inhumaine ; Pour mieux te résister, j’ai recherche ta haine. De quoi m’ont profits mes inutiles soins ? Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins.