« Je me faisais du moins, tout en m’en allant, ces réflexions : Voilà un homme qui est moins sage que moi. Il est possible en effet que nous ne sachions, ni l’autre, rien de beau ni de bon. Mais lui, il croit qu’il en sait, alors qu’il n’en sait pas, tandis que moi, tout de même que, en fait, je ne sais pas, pas davantage je ne crois que je sais ! J’ai l’air, en tout cas, d’être plus sage que celui-là, au moins sur un petit point, celui-ci précisément : que ce que je ne savais pas, je ne croyais pas non plus le savoir ! »
On obtiendra l’amitié d’un homme en cultivant en soi les qualités qu’il estime en lui.
Puissé-je voir dans les sages les détenteurs des vraies richesses et dans ceux qui ont le moins de besoins les mortels les plus proches des dieux.
Craindre la mort, ce n’est rien d’autre en effet, Juges, que de passer pour sage alors qu’on ne l’est point, que de passer en effet pour savoir ce que l’on ne sait pas. Car de la mort, nul n’a de savoir, pas même si ce n’est pas précisément pour l’homme le plus grand des biens…