« Je lui ai proposé que nous soyions amis. Pour la vie. Il a dit Oui et c’est une autre façon de s’aimer. »
Elle veut se réduire. Concentrée, il faut respirer le moins possible. C’est une tentative d’amenuisement. Une de plus. Quand on ne peut pas réduire le monde, on se réduit soi-même. Mais on ne disparaît pas si facilement.
Alors elle danse.Il faut qu’elle trace,avec son corps,les lignes qui permettent d’intégrer l’espace.Seule la beauté du mouvement peut la sauver.
C’est là. Pour toujours. Comment enterre-t-on les souvenirs ? Dans quel charnier les abandonner une bonne fois ? La mémoire est une hyène. Elle fouille, trouve toujours un lambeau à arracher.
Petite, elle a appris à guetter les signes de ce qu’on cache. C’est dans le corps que cela a lieu. Et cela se reflète aussi, partout autour. Les mots ne viennent qu’après. Ou pas.
Empaquetée dans l’étouffement de ce qu’elle ne peut pas nommer, elle est demeurée.
La seule délocalisation pour moi, c’est quitter son corps.