« De toute façon, l’avenir de mes œuvres, je m’en fous. Quand je serai mort, je serai bien content qu’elles gardent une valeur encore une génération ou deux pour la famille, mais si tout ce que j’ai fait disparaît, ça m’est égal. Je ne crois pas en Dieu, je ne crois pas en moi. Tout cela n’est pas sérieux. Je ne suis pas sérieux, je ne prends pas l’art au sérieux. Ni le mien ni celui des autres. »
J’ai toujours cherché à réduire au minimum mes décisions subjectives et mon intervention artisanale pour laisser agir librement mes systèmes simples, évidents et de préférence absurdes.
Après avoir éliminé la figuration, la spontanéité, la sensibilité, l’ego, enfin tout ce que l’on recherche habituellement dans une oeuvre d’art, il reste encore quand même quelque chose pour ces amateurs bizarres et spécialisés que j’aime bien.
Au lieu de faire jouer mes tripes, ma sensibilité, j’enclenche un système qui produit tout seul et que j’emmène jusqu’au bout, même sans voir d’avance ce que ça va donner. Les génies, les gens en transe, les gens qui ont des messages, ça m’agace et ça me fatigue.
Quand j’arrive à mettre au point un système qui, en fin de compte, produit des œuvres qui peuvent plaire aux gens qui normalement aiment les choses géniales, du coup ils sont un peu déstabilisés et tout ça m’amuse beaucoup. D’autres ont fait ça aussi. Le mérite de l’artiste es…
Voir disparaître à jamais le mot génie, en art ou en politique, ce serait génial.
Si je crois à quelque chose et très gravement, c’est à la frivolité de l’art et aussi bien sûr au plaisir qu’il donne.