« Ce n’est pas assez, les crapauds et les couleuvres que profèrent les bouches d’égout. Vomissements de mots, purgation du langage mâché et remâché par des dents cariées, nausée où surnagent des restes de toute la nourriture qui nous fut donnée à l’école, et de tous ceux que, seuls ou en compagnie, nous avons mastiqués depuis des siècles. »
Les hommes se servent des mots ; le poète les sert.
Quelques-uns, faits d’une matière semblable au mica, se brisent facilement. Il suffit d’une chiquenaude. Blessés, ils laissent échapper une substance brunâtre qui reste peu de temps répandue sur le sol, les autres se dépêchant de la lécher avec avidité. Sûrement, ils le font p…
Après… il n’y a pas d’après. J’avance, je fends de grandes roches d’années, masses de lumière compacte, je descends des galeries de mines de sable, je perce des couloirs qui se referment comme des lèvres de granit. Et je retourne à la plaine, la plaine où il est toujours midi,…
La dernière minute vivante redresse sa crête rouge. Le hurlement de l’incendie rebondit de mur en mur, d’infini en infini.
Jeté sur mon lit, je demande le sommeil brut, le sommeil de la momie.
Mes yeux tournent au centre d’une chambre noire où tout dort de ce même sommeil ultime et désemparé des objets dont les maîtres sont morts, ou partis soudain et pour toujours, sommeil obtus d’objet abandonné à sa propre pesanteur inanimée, sans la chaleur d’une main qui le car…