« Car lorsqu’on parle d’amour, il faut distinguer les trois acceptations de ce mot que les grecs dénommaient agapé, philia et eros. Tandis que les deux premières faisaient allusion aussi bien à l’amour désintéressé et généreux qu’à l’amitié, seul eros délimitait une réalité qui ressemble à la notre. Seul eros était selon les Grecs, un amour fou, absolu, celui qui fait que les gens se retrouvent dans des situations proches du délire, pour tout oublier, pour s’arracher au monde frustrant et sauvage qui est le nôtre, le substituer aux autres liens absents, compenser leurs échecs, prendre la place de toute spiritualité. Cet amour-là s’est développé comme la foudre et chacun est prêt à tout pour le vivre. »
L’amour passion est une véritable emprise sectaire dans la société actuelle que l’on ne perçoit pas comme telle, car il semblerait que ce soit une secte autorisée même si elle peut s’avérer plus dangereuse que celles contre lesquelles nos gouvernants ne cessent de nous mettre …
Dans une démocratie, l’école doit être un lieu qui donne aux enfants des outils intellectuels et émotionnels leur permettant un jour de s’émanciper des valeurs et des dogmes de leur famille. Non pas de certaines familles en particulier, celles que l’on accuse d’avoir des idées…
Nous faisons comme si l’amour, tout ce qui le précède et qui le suit, ne méritait pas un enseignement formalisé et autonome. Nous nous plaisons à imaginer que c’est facile, évident. Qu’il suffit d’avoir grandi dans une famille, d’avoir des amis, d’écouter des chansons, d’aller…