Les portes du camp s’ouvrirent et les femmes sortirent. La longue file se dirigeait à droite sur le chemin qui traversait le village et conduisait à la gare. Le visage de sa mère se tourna vers elle une dernière fois. Puis il disparut
Une nouvelle maison. Une nouvelle adresse. Une nouvelle vie. L’horizon parait moins bouché. Colombe sourit. Elle ne le sait pas, elle ne se doute de rien, mais elle savoure une de ses dernières nuits de sommeil.
Cette maison est mon corps, ma peau, mon sang, mes os. Elle me porte en elle comme j’ai porté nos enfants.
#NOM ? le bien est toujours le produit d’un art (Charles Baudelaire)
Le vide qu’il ressentait n’était-il rien d’autre qu’une crise de la quarantaine ? Probablement.
Le sentiment de paix, de satisfaction, s’enroule autour de moi comme un chat qui ronronne. Je veux en profiter au maximum car je sais qu’il ne va pas durer. Je m’abrite de l’œil du cyclone.
Un viol auditif. L’ennemi la pénètre à coups de décibels. Débarqué en pleine nuit comme les Alliés sur Omaha Beach, il a investi son sommeil, son lit, ses oreilles.
Dans une nouvelle maison, tous les bruits sont étranges, la première nuit. Chaque décibel doit être décodé.
La mort m’envahissait petit à petit comme la marée montante.
Peut-être que c’est ça, le mariage, finalement. Devenir un meuble, un meuble qu’on voit tous les jours. Un meuble qu’on ne voit plus.
La nuit commençait à tomber et à mesure, son désespoir, et celui des milliers de gens enfermés avec elle, se mettait à grandir, comme une créature monstrueuse, hors de contrôle.
J’ai besoin de vous comme les fleurs ont besoin de la pluie.