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Simone Weil

19 citations et aphorismes

Amour

Le Pere fait etre le Fils par amour, parce que le Fils est le Bien. Le Fils ne veut pas etre par amour, parce que le Pere seul est le Bien. Pour le Pere, Dieu est le Fils. Pour le Fils, Dieu est le Pere. Tous deux ont raison.

Pour ceux dont le je est mort, on ne peut rien faire, absolument rien. Mais on ne sait jamais si, chez un humain déterminé, le je est tout à fait mort, ou seulement inanimé. S’il n’est pas tout à fait mort, l’amour peut le ranimer comme par une piqûre, mais seulement l’amour t…

L’esprit succombant sous le poids de la quantité n’a plus d’autre critérium que l’efficacité.

La vulnérabilité des choses précieuses est belle parce que la vulnérabilité est une marque d’existence.

Croire en l’histoire officielle, c’est croire des criminels sur parole.

La fonction spirituelle du travail physique est la contemplation des choses, la contemplation de la nature.

Nulle poésie concernant le peuple n’est authentique si la fatigue n’y est pas, et la faim et la soif issues de la fatigue.

Le travail physique consenti est, après la mort consentie, la forme la plus parfaite de la vertu d’obéissance.

Il n’y a aucune possibilité de satisfaire chez un peuple le besoin de vérité si l’on ne peut trouver à cet effet des hommes qui aiment la vérité.

Le vrai critérium, pour la propriété, est qu’elle est légitime pour autant qu’elle est réelle .

Il n’y a aucune liaison de nature entre la propriété et l’argent. La liaison établie aujourd’hui est seulement le fait d’un système qui a concentré sur l’argent la force de tous les mobiles possibles. Ce système étant malsain, il faut opérer la dissociation inverse.

Une très belle femme qui regarde son image au miroir peut très bien croire qu’elle est cela. Une femme laide sait qu’elle n’est pas cela.

Il n’y a qu’une seule et même raison pour tous les hommes ils ne deviennent étrangers et impénétrables les uns aux autres que lorsqu’ils s’en écartent.

J’ai beau mourir, l’univers continue. Cela ne me console pas si je suis autre que l’univers. Mais si l’univers est à mon âme comme un autre corps, ma mort cesse d’avoir pour moi plus d’importance que celle d’un inconnu.

Nous vivons ici-bas dans un mélange de temps et d’éternité. L’enfer serait du temps pur.

La vérité, c’est que l’esclavage avilit l’homme jusqu’à s’en faire aimer ; que la liberté n’est précieuse qu’aux yeux de ceux qui la possèdent effectivement ; et qu’un régime entièrement inhumain, comme est le nôtre, loin de forger des êtres capables d’édifier une société huma…

La vérité, c’est que l’esclavage avilit l’homme jusqu’à s’en faire aimer ; que la liberté n’est précieuse qu’aux yeux de ceux qui la possèdent effectivement.

La plénitude de l’amour du prochain, c’est simplement d’être capable de lui demander : Quel est ton tourment ?

La grande douleur de l’homme, qui commence dès l’enfance et se poursuit jusqu’à la mort, c’est que regarder et manger sont deux opérations diférentes. La béatitude éternelle est un état où regarder c’est manger.