Les lieux sont aussi des liens. Et ils sont notre mémoire.
Donc, au début elle sourit. C’est un sourire discret, presque imperceptible, de ceux qui se forment sur le visage parfois, sans qu’on le décide, qui surgissent sans qu’on les commande, qui ne semblent reliés à rien en particulier, qu’on ne saurait pas forcément expliquer. Voil…
Il faudrait toujours rester sur ses gardes. Et ne pas oublier que ceux qui veulent nous nuire sont peu traversés par des états d’âme.
Simon vient d’apprendre ce qu’est la précarité, ce que c’est que de tout perdre en un instant.
Il dit: Mais je te préfère maintenant avec ce corps alourdi, les traits affaissés, la peau crevassée. Je t’aimerais moins s’il n’y avait pas tout ce temps sur toi, toutes ces années. Je pense même que je ne t’aimerais pas du tout.
Elle se demande si les couples qui ont la météo pour sujet de conversation sont ceux qui n’ont plus rien à se dire ou sont, au contraire, les plus solides.
Ca vous arrive de ne pas savoir où puiser la force de continuer ?
Je pense qu’on ne survit pas à la mort de sa mère. Bien sûr, on continue à respirer de l’air, à grandir, à sourire. Mais c’est mort à l’intérieur. On a quelque chose de mort à l’intérieur.
Cette trop grande sensibilité, cet orgueil parfois mal placé, ce n’était rien d’autre que de la fragilité. On n’a rien compris à James Dean si on n’a pas compris sa fragilité. C’était du verre.
Cela pèse lourd, une absence. Bien plus lourd qu’une disparition. Parce que avec les morts, c’est commode, on sait qu’ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font espérer.
On n’écrit jamais pour les autres, jamais. On n’écrit que pour soi. On prétend dialoguer mais tout n’est que soliloque.
Et, à l’instar des vrais scélérats, nous avons décidé de vivre cachés, dissimulés aux regards, dérobés aux jugements. Nous n’éprouvions pas de honte mais nous redoutions l’opprobre, le déferlement de haine et de mépris, les crachats.
Tu es seul, je regarde ta solitude et ta pauvreté, elles me font plaisir, on a les vengeances qu’on peut.
Personne ne dit : Je vais très mal. Je vais me pendre, sauf à être parfaitement dépressif, ou à vouloir attirer l’attention, ou à être un geignard professionnel. Tout le monde dit qu’il va bien. Tout le monde est élégant.
Elle met de l’ardeur, de la rigueur, de la discipline dans le job qu’on lui a confié. Mais ce n’est pas elle. A la fin, ce n’est pas elle. Et elle est convaincue qu’on ne peut pas durablement vivre une vie qui n’est pas la sienne.
Tu es entré dans ma vie, tu y occupes la première place, tu as opéré ce changement spectaculaire, cette merveilleuse dévastation, rien ne sera plus pareil, rien n’est déjà plus pareil.
Je crois toujours que c’est la légèreté qui nous sauve.
Jamais je n’ai envisagé ce que nous pourrions devenir ensemble. Jamais poursuivi le moindre objectif. Ce qui comptait, c’est que tu sois là ou que tu l’aies été.
Elle se fourvoyait. C’est une violence de s’arracher au monde, même si le monde est hostile. Une violence de se détacher des proches, même s’ils sont indifférents. Une sauvagerie.