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Milan Kundera

29 citations et aphorismes

Esprit

Musique: une pompe a gonfler l'ame.

Esprit

Ah, mesdames et messieurs, comme il est triste de vivre quand on ne peut rien prendre au serieux, rien ni personne!

Religion

On ne veut etre maitre de l'avenir que pour pouvoir changer le passe.

C’est une étrange loi de la nature. La femme laide espère profiter de l’éclat de son amie plus jolie, et celle-ci espère briller d’un plus grand éclat sur le fond de la laideur.

Si l’on était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute.

L’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. ..

Au terme du véritable amour, il y a la mort, et seul l’amour au terme duquel il y a la mort est l’amour.

Le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde ; au sens littéral comme au sens figuré : le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l’essence humaine a d’essentiellement inacceptable.

Devant, c’était le mensonge intelligible et derrière, l’incompréhensible vérité

À quoi bon se contenter de ranimer un passé perdu ? Qui regarde en arrière finira comme la femme de Loth.

Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.

Elle demanda donc à son père s’il lui arrivait de prier. Il dit : Autant prier Edison quand une ampoule grille.

Toute la vie de l’homme parmi ses semblables n’est rien d’autre qu’un combat pour s’emparer de l’oreille d’autrui.

Avoir un enfant, c’est manifester un accord absolu avec l’homme. Si j’ai un enfant, c’est comme si je disais : je suis né, j’ai goûté à la vie et j’ai constaté qu’elle est si bonne qu’elle mérite d’être multipliée.

Car la notion même de patrie, dans le sens noble et sentimental de ce mot, est liée à la relative brièveté de notre vie qui nous procure trop peu de temps pour que nous nous attachions à un autre pays, à d’autres pays, à d’autres langues.

Que pouvons-nous demander de plus que d’être heureux un instant ?

Elle prend tout au tragique, elle ne parvient pas à comprendre la légèreté et la joyeuse futilité de l’amour physique. Elle voudrait apprendre la légèreté.

Elle sait que la beauté est un monde trahi. On ne peut la rencontrer que lorsque ses persécuteurs l’ont oubliée par erreur quelque part. La beauté se cache derriére les décors d’un cortége de 1er mai. Pour la trouver, il faut crever la toile du décor.

Le sentiment d’amour nous abuse tous par une illusion de connaissance.

Le piège de la haine, c’est qu’elle nous enlace trop étroitement à l’adversaire.

Imprimer la forme à une durée, c’est l’exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire.

Tomas ne savait pas, alors, que les métaphores sont une chose dangereuse. On ne badine pas avec les métaphores. L’amour peut naître d’une seule métaphore.

Ne pouvoir vivre qu’une vie, c’est comme ne pas vivre du tout.

Le drame d’une vie peut toujours être exprimé par la métaphore de la pesanteur. On dit qu’un fardeau nous est tombé sur les épaules. On porte ce fardeau, on le supporte ou on ne le supporte pas, on lutte avec lui, on perd ou on gagne.

Car il ne faut pas l’oublier : les arts ne sont pas tous pareils : c’est par une porte différente que chacun d’eux accède au monde. Parmi ces portes, l’une d’elles est réservée en exclusivité au roman.

Est ce qu’en amour l’absolu ne signifie pas d’abord que l’on est capable de comprendre l’autre et de l’aimer avec tout ce qu’il y a en lui et sur lui, aussi avec ses ombres ?

La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme.

Dieu, on peut le supposer, a prévu l’homicide, mais pas la chirurgie. Il ne se doutait pas qu’on oserait plonger la main à l’intérieur du mécanisme qu’il avait inventé, soigneusement emballé de peau, scellé et caché aux yeux de l’homme.

Par rapport à l’homme, le chien n’a guère de privilèges, mais il en a un qui est appréciable : dans son cas, l’euthanasie n’est pas interdite par la loi l’animal a droit à une mort miséricordieuse.