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Laurent Gaudé

26 citations et aphorismes

Il est une chose qui reste solide, aussi solide que la puissance des montagnes, c’est le chant des femmes endeuillées.

En Italie il y a autant de voyages que de régions. On ne fait vraiment pas le même voyage selon l’endroit où l’on va et le sud est extrêmement dépaysant.

tant que le cortège parcourt le monde, Alexandre est là et il tient encore l’Empire, par son absence mais c’est une façon de le tenir.

La mort s’est jouée de lui. Elle l’a pris de plein fouet. Pour sa première charge. C’était un homme et il méritait mieux que cela.

Je suis le roi Tsongor, et j’ai sur mes joues et au creux de mes mains autant d’années que tu as de cheveux.

Je suis sauf. Je pars pour Paris. Et à chaque seconde, à chaque mot que je prononce, les tranchées s’éloignent de moi un peu plus. Mais d’ou me vient, alors, cette indéfinissable envie de pleurer ?

Ils étaient beaux de cette lumière que donne l’espoir au regard.

La tempête approche et elle sera pour eux, comme toujours, les miséreux aux vies usées, et pour eux seuls.

Alexandre et la mort vont rester face à face pour se jauger. Tout le monde quitte la salle, tête basse, sidéré de voir qu’un homme peut conserver, à l’instant de mourir, avec une telle force, le plein éclat du vivant.

Je retrouve ma ville et je reste bouche bée. J’avais oublié sa beauté lascive, brunie par le soleil. Rome, ville superbe où les hommes se déplacent avec la suavité des chats.

Elle se souvient d’Héphaistion qui lui parlait de la beauté de l’Egypte : « Les hommes, là-bas», disait-il, «ont la beauté des chats, et le silence est vaste.»

Tu nous as offert une ville.Oui. Un massacre. Tel fut ton cadeau, tsongor…tu le sais. Tu étais parmi nous. C’est cela que tu nous as offert. Des monstres dont les mains, à jamais, auront l’odeur épaisse du sang. Je te maudis.

C’était la main sèche de la malchance qui condamne, depuis toujours, des générations entières à n’être que des culs-terreux qui vivent et crèvent sous le soleil, dans ce pays où les oliviers sont plus choyés que les hommes.

Les hommes, comme les olives, sous le soleil de Montepuccio, étaient éternels.

C’est ici qu’était notre place. Dans ce pays qui ne ressemblait à aucun autre. Nous étions en Amérique et plus rien ne nous faisait peur.

Il n’y a que cela qui fasse tenir le monde debout, la fidélité des hommes à ce qu’ils ont choisi.

Je me demande bien quel visage a le monstre qui est là-haut qui se fait appeler Dieu, et combien de doigts il a à chaque main pour pouvoir compter autant de morts.

Après tout. Il est peut-être temps de laisser le monde se libérer des hommes.

Et de montrer à tous que personne ne répondait, que le grand ciel gris de la guerre était vide et que les hommes ne pouvaient compter que sur eux-mêmes.

Le monde est petit et je vais me cogner contre des parois qui me déchireront les chairs.

L’Eldorado. Il sut, à cet instant, que ce nom lointain allait régner sur chacune de ses nuits.

Je le sais mieux que personne. La vie que l’on avait envisagée disparaît d’un coup et il faut faire avec le malheur qui ne veut plus vous lâcher.

Il l’aimait encore, bien sûr, mais il aimait davantage cette route, de nuit, qui ne le menait nulle part, cette vie, devant lui, qui pouvait encore prendre mille formes.

J’ai été lâche. Tout est à refaire mais les années ont passé.

J’en ai vu passer plusieurs, toutes avec des noms de filles, des noms de traînées, oui je les reconnais à l’odeur, à ce qu’elles charrient, je sens leur force et je peux vous dire que celle-là sera une affamée, une vicieuse, une méchante.

L’homme a tant fauté qu’aucune punition n’est à exclure. La mer, un jour, les affamerait peut-être.