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Claudie Gallay

25 citations et aphorismes

Il y a des jours, on est si heureux, on devrait en faire des jours fériés.

Savoir et croire qu’on ne sait pas, c’est le comble du mérite. Ne pas savoir et croire que l’on sait, c’est la maladie des hommes.

Le bonheur ça ne dure pas, c’est pour ça que c’est du bonheur.

L’amour est une île, quand on part on ne revient pas.

Les destin fait cela parfois. Il emporte. C’est comme cela. Sans issue. Des départs comme des massacres. Ceux qui restent pleurent. Ils s’en veulent.

- L’enfance ne se capture pas. Elle est dans l’enfant et elle meurt quand l’enfant grandit. Il faudrait empêcher l’enfant de grandir. la folie fait parfois cela.

C’est ce qui rend vivant. Aimer malgré tout. Sans rien attendre.

Les vieillards hopi sont semblables à ces arbres décharnés qui poussent sur les bords asséchés des rivières. Plus vivants. Pas encore morts.

Vous parlez sans savoir… Il faudrait penser à donner un peu d’épaisseur à votre vie.

On a beau faire, s’apitoyer, compatir, essayer de comprendre, on ne peut jamais vraiment ressentir la douleur qu’éprouve l’autre, ni dans sa tête ni dans son corps… Et sans doute que c’est mieux ainsi.

Elle ne sait pas où tout ça la mène. Ça, la vie, grandir. Elle ne sait pas ce qu’il y a devant, dans ce temps qu’on appelle avenir et qui est aussi demain. Que peut-elle faire de tout ce temps ?

Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes en contre-jour

En tout être humain, il y a un lac,a dit ma mère,une tristesse liquide que les oignons aident à vider

Les mariages, c’est quand même pas triste comme les trous de tombes mais ça fait pleurer tout autant.

Le temps était bas. Depuis trois jours, c’était comme ça, un espace sans lumière, lourd d’un silence qui rendait insupportable la présence des hommes. J’étais fatiguée. Incapable de marcher davantage. De davantage supporter la lande.

Il y a ce qu’on veut et il y a ce qu’on rêve. Il y a aussi ce qui vient et à quoi on n’avait pas pensé.

Il l’a regardé, brusquement, un regard comme on trébuche.

Elle porte un tee-shirt à rayures, un pantalon en toile, des baskets recouvertes de poussière. Pas de chaussettes dans les baskets. Elle a un anneau fiché dans sa lèvre, un clou dans le sourcil et trois boucles le long d’une oreille.

Je les regardais, à la dérobée, incapable de comprendre comment on pouvait en arriver à ce point de haine. Entre eux, le silence même devenait une insulte.

Des mois que j’étais sans toi. Le manque absorbait tout. Il absorbait même le temps. Jusqu’à l’image de toi.

Il faudrait que tu imprimes les meilleures photos sur papier, et que tu les montres. Ça ne sert à rien de faire si tu ne partages pas.

Des grévistes sont couchés sur les marches qui montent aux portes du palais. Ils sont une vingtaines. Les corps cassés, les bras, les nuques. Ont dirait des fusillés. Une banderole est placardée derrière eux, des lettres rouges, Nous sommes morts.

Il faut apprendre à se protéger, alors seulement on peut vivre mieux.

A la Hague, les vieux et les arbres se ressemblent, pareillement torturés et silencieux. Façonnés par les vents. Parfois, une silhouette au loin, et il est impossible de savoir s’il s’agit d’un homme ou d’autre chose.

Début d’après-midi. Une brume légère tombe sur la ville, la lumière devient blanche, elle recouvre tout, elle trahit les formes, les ombres. Elle trompe les distances.