Jeunes gens, on vous dit que les nations retrouveront la prospérité en se remettant à construire des machines, et vous refaites le rêve imbécile de vos pères de 1900, lorsqu’ils s’imaginaient la paix universelle assurée par la concurrence pacifique du commerce et de l’industrie.
Jeunes gens, qui m’écoutez, vous vous croyez libres vis-à-vis d’elle. Ce n’est pas vrai. Vous vivez comme moi dans son air, vous la respirez, elle entre en vous par tous les pores. On vous dit : La liberté ne peut pas mourir ; elle peut mourir dans le cœur des hommes, souvenez…
Des milliers et des milliers, des millions de garçons qui vous ressemblaient ont tout à coup perdu le goût de la liberté, comme on perd le sommeil ou l’appétit. Mais qui a perdu le sommeil ou l’appétit souhaite retrouver l’un ou l’autre. Eux n’avaient pas perdu la liberté, ils…
J’ai cru jadis au mépris. C’est un sentiment très scolaire et qui tourne vite à l’éloquence, comme le sang d’un hydropique tourne en eau.
L’espérance est une vertu héroïque. On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prennent faussement pour de l’espérance.