« Ainsi, presque tout est imitation. L’idée des Lettres persanes est prise de celle de l’Espion turc. Le Boiardo a imité le Pulci, l’Arioste a imité le Boiardo. Les esprits les plus originaux empruntent les uns des autres. Michel Cervantes fait un fou de son don Quichotte ; mais Roland est-il autre chose qu’un fou ? Il serait difficile de décider si la chevalerie errante est plus tournée en ridicule par les peintures grotesques de Cervantes que par la féconde imagination de l’Arioste. Métastase a pris la plupart de ses opéras dans nos tragédies françaises. Plusieurs auteurs anglais nous ont copiés, et n’en ont rien dit. Il en est des livres comme du feu de nos foyers ; on va prendre ce feu chez son voisin, on l’allume chez soi, on le communique à d’autres, et il appartient à tous. »
Les hommes ne font des lois que pour les violer, et ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées.
On ne le sait que trop, ces tyrans sont les vices. Le plus cruel de tous dans ses sombres caprices, Le plus lâche à la fois, et le plus acharné, Qui plonge au fond du cœur un trait empoisonné. Ce bourreau de l’esprit, quel est-il ? c’est l’envie.
Point de milieu ; l’état du mariage Est des humains le plus cher avantage, Quand le rapport des esprits et des cœurs, Des sentiments, des goûts, et des humeurs, Serre ces nœuds tissus par la nature, Que l’amour forme, et que l’honneur épure. Dieux ! quel plaisir d’aimer publiq…
Les fétiches hollandais qui m’ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d’Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germain.
Des lois que nous suivons la première est l’honneur.
Un homme qui n’avait point été baptisé, un bon anabaptiste, nommé Jacques, vit la manière cruelle et ignominieuse dont on traitait ainsi un de ses frères, un être à deux pieds sans plumes, qui avait une âme ; il l’amena chez lui, le nettoya, lui donna du pain et de la bière, l…